mardi 25 mars 2014

LE NAIL ART... A LA CUBAINE !

Hola !

Je suis de retour de Cuba. Ce pays m'a vraiment émotionnée... moi qui ai déjà pas mal bourlingué à travers le monde (genre la globe trotteuse ;)), Cuba est l'un des endroits où j'ai vraiment envie de revenir. Parce qu'il ne ressemble à aucun autre. Qu'il m'a vraiment touchée. Que j'ai besoin d'en savoir plus.

Pays à la fois à dimension presque "européenne" (pour l'école publique et obligatoire, le taux d'alphabétisation proche de 100%, l'accès gratuit aux soins médicaux, l'importance de la culture et de l'esthétisme, l'égalité des races et des sexes, les infrastructures - routes etc - plutôt pas mal entretenues, les transports, loyers, téléphone, eau, électricité gratuits ou presque, l'accès à la nourriture pour tous... enfin bref le côté socialiste du gouvernement qui fait qu'il n'y a pas vraiment de "miséreux" et que tout le monde ou presque est bien nourri et en bonne santé) et pays en voie de développement aux accents dictatoriaux (s'il n'y a pas de misère, il y a quand même peu d'accès à tout ce qui n'est pas "essentiel" - mode, cosmétiques, loisirs..., le salaire mensuel moyen étant de 10 - 30 $ max en plus des "kits de rationnements" avec nourriture de base, les libertés d'expression et de circulation sont quand même bien limitées, la propagande "pro-révolution" est encore très présente, avec martyrisation et sanctification des héros de la Révolution comme le Che, Camilo Cienfuegos... même si ces dernières années ça progresse un peu niveau libertés et possibilités d'entreprendre et donc de s'enrichir personnellement), avec des gens vraiment vraiment accueillants, souriants, zen, peu ou pas du tout de sentiment d'insécurité, de jolis paysages et de vraies belles plages, des villes à l'architecture incroyables, des villages préservés - on a l'impression que le temps s'est figé parfois, les "belles américaines" qui ne sont pas une légende car il y en a partout..., enfin bref, je vous recommande vivement d'y aller faire un tour mais en allant loger chez l'habitant (casa particular), sinon votre voyage perdra une partie de sa saveur (au secours les complexes hôteliers "all inclusive" de Varadero et compagnie !!).




 
 





Habituellement, quand je rentre de l'étranger, je vous fais un ou des petits posts sur les habitudes cosmétiques locales, les marques de beauté du pays, mais à Cuba c'est très particulier : la cosmétique est quasi-inexistante. Pire, depuis que les savons ont été retirés il y a un ou deux ans des "kits de rationnement", s'acheter de quoi se laver est devenu presque impossible (d'après une Cubaine que j'ai rencontrée, un savon coûte 0,5 à 1 $ alors qu'un salaire mensuel de professeur par exemple est de 10 $ - les quelques produits de beauté que l'on a vus sont d'ailleurs toujours placés dans les supermarchés derrière les caisses et se payent en CUC, monnaie convertible pour étrangers, et pas en pesos locaux, ce qui vous donne une bonne idée de leur rareté et de leur valeur). Du coup les cubains demandent aux touristes non pas de l'argent, mais des savons (prévoyez d'en amener si vous y allez - Planète Beauté en avait ramené 15, il a fait des heureux).

La Cubaine moyenne a souvent du mal à se laver correctement, donc prendre soin de sa peau ou de ses cheveux, se maquiller, vous pensez bien que c'est impossible. Sauf pour celles qui sont en contact avec les touristes et récupèrent leurs miettes (elles sont preneuses même de produits entamés).

Il y a quand même un petit plaisir cosmétique qu'elles ne se refusent pas : le nail art.

Et là c'est incroyable : énormément de Cubaines, même parmi les plus défavorisées, se peignent les ongles. Ce sont souvent des faux ongles ou capsules, parfois assez mal posés, qu'elles gardent des mois entiers même s'ils sont à moitié effacés ou qu'un faux-ongle s'est fait la malle, et niveau esthétisme, comme dirait La Beauty Paresseuse, c'est le 1.0 du Nail art : les ongles (les griffes ?) se portent très longs, et sont hyper clinquants. C'est leur manière d'exprimer leur fantaisie, car il est difficile de le faire autrement.

J'ai pris en photo quelques nails arts de femmes croisées lors de mes vacances. Elles étaient toutes très fières de me les montrer et les faire immortaliser.












Je vous mets aussi quelques photos des (rares) salons manucures, coiffeurs, et étagères de cosmétiques derrière les caisses ou dans les vitrines des petits supermarchés locaux.








Voilà pour ce petit reportage sur la cosmétique à Cuba. Plutôt étonnant (et un peu triste), non ?


A lire aussi sur la beauté à Cuba, ce post de Elodie du blog Pure Beauté.
Rendez-vous sur Hellocoton !

27 commentaires:

  1. Effectivement, l'hygiène de base me semble pourtant aussi prioritaire que l'éducation (ne serait-ce que pour éviter les maladies). Je comprends mieux la photo que tu avais mis hier de ce nail art tout défoncé mais qui finalement les rends tellement fières.
    Je pense que l'aspect "figé dans le passé" est bien lié à la dictature, l'évolution ne peut amener que le changement et ça, c'est pas possible...
    Mais c'est vrai que ça l'air magnifique aussi... Sentiments bizarres de se dire que finalement on cautionne une dictature. Bien tranquillement au chaud chez moi avec un travail, une situation confortable, je me dis que la privation d'une partie des libertés ne devrait pas exister et que rien ne la remplace. Mais pour ceux que ça permet d'être éduqués, de manger à peu prêt à leur faim, qu'en pensent-ils ?
    Et malgré tout ils gardent leur gentillesse et leur sens de l'accueil, je suis impressionnée (et on devrait en prendre de la graine dans notre pays...).
    (commentaire un peu décousu mais j'ai du mal à organiser mes pensées sur le sujet, j'avoue)

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Non ton commentaire est très clair et c'est tout aussi confus dans ma tête parce que ce pays est plein de contradictions, de très bonnes choses (eh oui) et d'autres vraiment moins sympas (évidemment). Ce n'est pas une dictature (on y est quand même mieux qu'en Corée du Nord !) mais ça en a quelques caractéristiques, et on ne peut pas ne pas cautionner certains aspects clairement positifs de ce régime pas complètement démocratique, c'est ça qui nous fait tout drôle !
      Je me demande même si finalement les cubains ne sont pas parfois mieux sur leur île que leurs cousins qui ont émigrés en Floride où ça ne doit pas être rigolo tous les jours pour la plupart d'entre eux car ils se retrouvent dans de véritables ghettos, parfois (la plupart du temps ?) sans emploi et sans aucun revenu, à faire du trafic de drogue ou je ne sais quoi, à subir le racisme... Enfin c'est si différent qu'on ne peut pas vraiment comparer.
      Quoiqu'il en soit, tu sens quand même quand tu discutes avec eux qu'ils aimeraient plus de libertés et surtout un meilleur niveau de vie pour pouvoir se payer autre chose que "l'essentiel" (cad des salaires plus importants - que tu fasses des études supérieures ou non, tu es payé entre 10$ pour un paysan ou un prof et 30$ pour un médecin, alors que si tu fais taxi ou toute autre activité sans diplôme auprès de touristes comme louer une chambre - les fameuses casas particulars, c'est ce que tu peux gagner chaque jour !!).
      Ils ne sont pas dans la misère mais ils sont frustrés, leur niveau de vie est ultra limité, et ils savent qu'ils pourraient être beaucoup mieux, d'autant plus qu'ils ont tous de la famille à l'étranger donc ils comprennent bien qu'ils sont opprimés. Je me demande ce que ça donnera quand les Castro ne seront plus là...

      Supprimer
  2. Wow ce compte rendu est très intéressant ! Je n'étais pas énormément attirée par ce pays jusqu'à présent, mais tu m'as presque fait changer d'avis !
    Au sujet de l'insécurité notamment. Je suis très surprise de tes paroles, à croire que j'avais un apriori complètement obsolète...
    Pour les cosmétiques en effet c'est un peu triste. J'espère que toutes les personnes qui partiront à Cuba après avoir lu cet article penseront à ramener des tonnes de savons !

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Moi aussi je pensais que l'insécurité était de mise, mais pas du tout ! C'est même précisé dans les guides. On s'est baladé le soir dans des ruelles sombres de quartiers populaires avec des groupes de mecs qui "zonaient" et on n'a pas du tout été embêtés, même pas pour nous réclamer de l'argent. Et Elodie de Pure Beauté qui a fait le tour du monde m'a dit que c'était à Cuba qu'elle s'était sentie le plus en sécurité.
      Pour les savons, c'est précisé dans les guides aussi, et on a vu que beaucoup de touristes en avaient apporté - des stylos aussi. Mais je regrette de ne pas avoir apporté de vernis ou d'échantillons de parfums, j'en ai tellement, ça aurait fait tellement plaisir...

      Supprimer
  3. Effectivement, c'est un peu paradoxal que l'hygiène ne soit pas plus importante alors que tu nous dis que ce pays fait beaucoup niveau social, c'est assez contradictoire et bien triste en effet ! Je viens de lire l'article de Teddy sur votre voyage et ce qui en ressort, c'est la diversité des paysages et la gentillesse des locaux, il me semble que c'est l'un des peuples les plus accueillants, sans doute justement parce que le tourisme a une place importante dans leur économie. En tout cas, ça me donne envie, merci de nous avoir un peu fait voyager... :-) Et bon retour sous la grisaille... ^^

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Les produits d'hygiène de base (savons, dentifrice) était dans les kits de rationnement jusqu'à très récemment. On se demande vraiment pourquoi ils ont enlevé le savon...
      Et oui, ils misent beaucoup sur le tourisme pour développer l'économie du pays, j'espère que ce sera bien fait, pas de complexes immobiliers moches, pas de bétonnage des plages... :)

      Supprimer
  4. Merci So pour ce premier billet et tes impressions sur Cuba ! Tout comme Waffo je n'avais pas cette image là du pays, et tu me donnes envie d'y aller... et de m'éloigner des complexes touristiques (pas super agréables pour découvrir un pays de toute façon). Je suis soufflée par le prix des cosmétiques, à quand l'envoi de savons à Cuba ?

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Moi aussi j'avais une vision assez biaisée de Cuba, surtout sur les gens, je ne les pensais pas aussi souriants et les villes aussi sécurisées. J'ai dû regarder trop de séries US qui se passent à Miami et où les quartiers cubanos craignent un peu ;).

      Supprimer
  5. Sur les savons il m ensemble que tu en avais déjà parlé.
    C'est vraiment dommage qu'un savon coute un dixième de leur salaire, c'est pourtant primordial pour l'hygiène.
    En tout cas, j'adore l'image des cosmétiques derrières les caisses car ça permet de suite de voir quel sont les produits les plus volé et donc qui ont le plus de valeur dans le pays (en France tu ne verras jamais des cosmétiques, en général ce sont les alcools forts... de suite ça te montre le priorité de chaque pays)
    Et j'imagine très bien Teddy avec ces 15 savons, vous auriez dû nous en parler, je suis certaines que nous avions toutes des savons de complexe hôteliers qui auraient été parfait à donner.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Oui sur les savons je le savais grâce aux guides mais je n'imaginais pas à quel point !!
      Et moi aussi j'ai pensé aux alcools forts et aux lames de rasoir qui sont derrière les caisses en France ;).
      Après tu sais, entre Teddy, Virginie et moi, des savons, des vernis et des échantillons de parfum, on en a des tonnes, mais Virginie et moi nous nous y sommes prises un peu trop tard pour faire nos bagages et n'avons rien emporté, je le regrette (on a quand même laissé quelques produits de notre trousse de toilette là bas).

      Supprimer
  6. Ton article m'a vraiment passionnée ! J'étais loin de m'imaginer à quel point les cosmétiques pouvaient être rares là bas, et à l'inverse l'engouement que connaissait le nail-art. A vrai dire je connais très peu (et mal) Cuba, je pense que c'est le genre de voyage qui fait vraiment réfléchir. En tous cas merci pour ce bel article :)

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Oui c'est un voyage qui fait réfléchir. Et c'est un peuple tellement attachant !

      Supprimer
  7. Oui ce pays est plein de contradiction et je suis moi aussi tombée sous le charme et j'aimerais y retourner. Les gens sont fabuleux, généreux alors qu'ils n'ont rien. Je me souviens que j'avais fait des heureuses en leur laissant toute ma trousse de toilette en repartant. Comme tu dis, on dirait que le temps s'est figé avec les belles américaines, les hommes habillés encore comme dans les années 60, cigare au bec et chapeau sur la tête, souvent je me suis cru dans un film mais non, j'étais bien là, à Cuba ! Qu'une envie, y retourner !

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Ah toi aussi tu y as été ? Ca me fait plaisir que tu confirmes ce que je dis. :)
      C'est ça en fait : ils ne sont pas miséreux, ils mangent à leur faim, sont soignés et éduqués, mais au final ils n'ont rien. C'est en train de changer ceci dit depuis peu. Et ça changera très vite à mon avis.

      Supprimer
  8. J'aime bien ton article, sympa,

    RépondreSupprimer
  9. Merci pour ce bel article rempli de belles images, c'est agréable de voir un peu de soleil! :-)
    C'est assez fou par contre que l'accès à l'hygiène de base soit aussi difficile. Je n'imaginais vraiment pas que le prix d'un simple savon puisse représenter une telle part du salaire d'un cubain. J'imagine bien les heureux que vous avez du faire en en distribuant!!
    Et concernant les nails arts... Comment dire... oublions la notion de "chic" toute relative selon les cultures. Le nail art, le vernis en général est un bon moyen de prendre soin de soi à moindre coût. Je pense que ce n'est pas pour rien que ce secteur de la beauté est en plein boom en europe alors que nous sommes en pleine période de crise. Ce phénomène se répercute aussi dans des pays comme Cuba, ou arborer des ongles manucurés est certainement un premier signe d'une certaine classe sociale, même si elle n'est qu'aparente. Bref, il faudrait faire une etude sociologique sur tout ça! ;-p

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. J'aime bien quand tu ne juges pas la vision du "chic" des cubaines, que tu dis que tout est culturel, relatif, c'est tellement vrai !
      Je pense que cette passion pour le vernis est un peu due à une sorte de phénomène Lipstcik Index (cf. http://demaquillages.blogspot.fr/2011/10/mais-pourquoi-sommes-nous-toutes-vernis.html). C'est probablement aussi parce qu'en Amérique centrale / du Sud, les femmes font globalement plus attention au soin des cheveux et du corps qu'au visage : peu de maquillage, sauf sur les ongles (et c'est notamment vrai au Brésil).

      Supprimer
  10. Ca me fait penser à l'île Maurice tiens, si tu vas dans les hôtels, les grands complexes, tu vois rien de l'île, on t'emmène partout ou c'est privatisé et d'appartenance hôtelière, bref, même le paysage change avant d'arriver à l'hôtel... Et quand on y va coté habitant, on se rend compte de la misère, tiers monde .... Et pourtant les supermarchés vendent les produits aussi cher que chez nous alors que leur salaire est dérisoire ..... Comme à Cuba ! Bref, j'ai jamais pu y retourner, c'est dur ce côté la .... Et pourtant ma famille habite juste à côté. Du coup je me,dis que Cuba s'est pas pour moi , pas pour le,moment en tous les cas

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Dans tous les pays en voie de développement il y a ce genre de phénomène, oui, j'ai aussi vu ça en Thailande, à Bali, en Egypte... Mais là-bas les "ghettos" m'ont semblé plus "misérables" qu'à Cuba, les gens - les enfants notamment - en moins bonne santé.

      Supprimer
  11. Comme quoi, les idées reçues.
    Tu racontes un côté de Cuba que je n'aurais jamais imaginé.
    Et comment les cubains vivent-ils le fait de ne pouvoir correctement se laver?

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Ecoute je ne sais pas trop, je n'en ai pas trop parlé avec eux sauf avec 2 jeunes femmes, une qui a quelques savons parce que sa mère a une casa particular qui accueille des touristes (celle que j'ai interviewée pour ma rubrique beautés du monde), et celle qui m'a donné les prix des savons (Teddy lui en a laissé 3 énormes de chez Cottage, elle était super contente, les autres femmes qu'on a croisées après étaient jalouses !). Je crois qu'elles sont assez résignées en fait. Il y a tellement de choses qu'elles ne peuvent pas faire / dire / s'acheter dans ce pays, elles ont l'habitude malheureusement.

      Supprimer
  12. Cec jeune mariee26 mars 2014 à 13:03

    Moi aussi tu m as fait changer d avis !! Je pensais que les côtes négatifs étaient beaucoup plus prononcés, la tu me donnes envie, et comme j essaie toujours d emmener de quoi faire plaisir aux gens que je rencontre, en plus je sais quoi prendre si on y va :)

    RépondreSupprimer
  13. rhaaa, c'est malin, j'ai envie d'y aller maintenant ! Bon retour parmi nous... Sof (Belle et buzz)

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Je devrais ouvrir un blog voyage :). Ou demander une prime à Fidel ?
      (oh wait ! si j'ouvre un blog voyages peut-être que je me ferais inviter tous frais payés à parcourir le monde !!!!!)

      Supprimer
  14. Je comprends pas que le savon soit si cher… Il suffit d'un peu de soude, de l'huile et de l'eau pour en faire… Personne n'en fait dans sa cuisine ?
    Et du coup ils se savonnent avec quoi ? rhassoul, argile, bicarbonate, saponaire ? Et pour faire la lessive ? à la cendre ?
    Ça m'intrigue…

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Encore faut il connaitre la recette... ou avoir accès à la soude. Avec l'embargo, les cubains n'ont pas toujours accès aux choses simples alors de la soude ?... Quand ils n'ont pas de savon, apparemment, ils se rincent juste. Enfin c'est ce que m'a dit une jeune femme, ce n'est peut-être pas le cas de tout le monde je ne sais pas...

      Supprimer