vendredi 16 mars 2012

LA VERITE SUR LES TESTS COSMETIQUES


Je sais que la manière dont sont testés les produits cosmétiques vous préoccupe. D'abord pour savoir si vous pouvez avoir confiance en ce que vous mettez sur votre peau ou vos cheveux, ensuite parfois parce que certains d'entre vous pensent que les tests sur animaux sont toujours d'actualité. Alors pour mettre les choses au clair, j'ai demandé à Jean-Louis Fiacre, une vieille connaissance du laboratoire Cosmepar* de nous expliquer clairement ce qu'il a été fait par le passé (les lapins, toussa) et ce qu'il en est aujourd'hui. Un peu long, mais très instructif !


Y a-t-il des tests d'innocuité obligatoires avant de mettre sur le marché un produit cosmétique ?

Jusqu’à présent, la règlementation cosmétique n'impose en tout et pour tout qu'une seule obligation : garantir que le produit mis sur le marché ne comporte pas de risque pour la santé humaine. Elle n'indique à aucun moment qu'il faut faire telle ou telle étude spécifique pour prouver l'innocuité du produit. En revanche, à partir du moment où la définition est très large, on peut supposer que les engagements pris par ceux qui mettent les produits sur le marché sont importants.

Toutes les marques réalisent des études avant de mettre un produit sur le marché, avec au moins une évaluation de la tolérance cutanée du produit et de sa résistance aux contaminations bactériennes, et parfois des évaluations de la tolérance oculaire, du potentiel allergisant ou comédogène...


Qu'en est-il des tests sur animaux ?

Dans les années 70, le réflexe pour évaluer la toxicologie des produits cosmétiques a été d'utiliser des supports que l’on connaissait déjà en pharmacie (industrie « voisine ») : les animaux. Les tests étaient rapides et efficaces et on ne connaissait pas d’autres modèles expérimentaux. Les animaux utilisés étaient le lapin et le rongeur (rat, souris, cochon d'Inde). Il n'y a pas eu de tests de produits cosmétiques sur les singes contrairement à ce que l'on croit souvent, car les rongeurs sont des supports suffisamment proches de l'Homme pour ce type d'études.

Ces tests sur animaux étaient parfois menés de manière très barbare. Par exemple, pour vérifier l'absence de comédogénicité, on appliquait le produit cosmétique sur le pavillon de l’oreille du rongeur, puis on tuait l’animal, on lui coupait l'oreille et on faisait des cartographies de ce que l'on avait trouvé. Les rouges à lèvres, quant à eux, destinés à être appliqués sur la muqueuse labiale, étaient testés sur une autre muqueuse du lapin, la muqueuse vaginale. Les rats étaient utilisés pour des tests d'absorption, pour vérifier ce que l'on appelle la toxicité systémique (c'est à dire suivre à l’intérieur de l’organisme le comportement global du produit – un test là aussi inspiré de la toxicologie pharmaceutique). Et pour tester la toxicité oculaire (notamment pour les produits qui peuvent couler dans l'œil comme le shampooing ou les produits de maquillage des yeux), on appliquait le produit sur les yeux de lapins.

Petit à petit, sous la pression des lobbies, les essais sur animaux ont disparu dans l'Union Européenne. En l'espace d'une quinzaine d'années seulement, ce qui est très rapide. On est passé d'un état où l'on faisait systématiquement tester les matières premières et les produits finis sur animaux à plus aucun test sur animaux.


Comment a-t-on substitué ces tests sur animaux ?

Les tests sur animaux sont interdits par le Règlement (CE) No 1223/2009 du Parlement Européen et du Conseil du 30 novembre 2009 relatif aux produits cosmétiques, depuis 2004 pour les produits finis et 2009 pour les matières premières.

Pour les produits finis, les tests animaux ont été spontanément arrêtés par les industriels à la fin des années 90, avant leur interdiction par la loi en 2004. C'est à ce moment-là que sont apparus les premiers tests alternatifs. Mais aujourd'hui, ces tests alternatifs ne sont pas encore tous validés, notamment ceux qui évaluent les effets systémiques (où l'on a besoin d'un organisme entier, par exemple pour estimer la toxicité d'un rouge à lèvre que l'on avale forcément un petit peu chaque jour) ou la mutagénèse (effet toxique sur les gènes qui favorise l'apparition de cancers, très difficile à évaluer de manière sûre autrement que sur animaux). Aujourd'hui, avec les méthodes alternatives, on répond donc de manière encore partielle aux aspects de la sécurité des produits finis.

Au niveau des matières premières, c'est encore plus compliqué. Aujourd’hui, il n'y a pas de méthode qui répondent à toutes les questions toxicité que l'on se pose. La première raison, c'est que pour une matière première extraite par exemple d'une plante composée de dizaines de molécules différentes, on n'a aucune idée à priori de comment la plante va se comporter toxicologiquement sur l’homme sans faire de tests sur être humain - à défaut d'animaux. Car éthiquement, il reste peu concevable de tester une matière première "pure" directement sur l’homme - même si loin de nos frontières, ça ne choque pas tout le monde. Pour un produit fini, c’est bien évidemment différent, car on ne part pas d’une feuille blanche : le toxicologue a déjà un certain nombre d'informations sur les différentes matières premières qui composent le produit fini et est censé avoir validé le calcul de la marge de sécurité (MOS) avant de lancer les tests sur volontaires humains.

Par ailleurs, parallèlement à la règlementation cosmétique qui interdit clairement les tests sur animaux, le projet européen REACH, qui lui impose l'évaluation précise de tous les produits chimiques utilisés dans tous les domaines (pharmaceutique, hygiène de la maison, bâtiment, cosmétique...) complique tout en imposant un certain nombre de prérequis toxicologiques assez poussés qui peuvent obliger parfois... à faire tests sur animaux ! On marche un peu sur la tête.

Une des solutions de substitution aux modèles animaux pour l’industrie cosmétique est alors de comparer les formules les unes aux autres via des arbres de décision sur des modèles informatiques : c'est la toxicologie in silico. On regarde quelle forme chimique a la molécule et on la rapproche d’autres molécules déjà testées pour trouver des « passerelles toxicologiques » entre les deux. Cette méthode n'est pas dénuée d'intérêt mais source de grosses interprétations.

Au final, pour évaluer la sécurité d'une matière première cosmétique sans la tester sur animaux, il faut avoir à son sujet un maximum d'informations de toutes sortes, une conjonction de paramètres qui doit donner au toxicologue suffisamment de matière pour pouvoir se prononcer. Le toxicologue devra prendre plus de précautions car sa responsabilité est plus engagée.


Du coup, avec l’interdiction des tests animaux, peut-on être aujourd'hui sûrs de l'innocuité des cosmétiques mis sur le marché en Union Européenne ?

Aujourd'hui, il est difficile de garantir qu'un produit cosmétique ne présente aucun risque pour la santé humaine, notamment à cause des lacunes sur l'évaluation toxicologique des matières premières. Cela donne beaucoup de souci aux toxicologues, qui se rongent les ongles face à l'océan d'informations sur les données toxicologiques de certains ingrédients qu’il doivent éplucher. Aucun d'entre eux ne m'a dit « Super, j'ai toutes les infos que je veux pour donner un avis 100% définitif. » Il n'y a pas un dossier où il n'y a pas de point d’interrogation.

La prudence voudrait que l'on favorise l'utilisation de matières premières pour lesquelles on a un maximum d’informations, des matières un peu anciennes, donc... qui ont été testées un jour sur animaux. Que l’on favorise par exemple les parabènes, sur lesquels on a beaucoup de recul, contrairement à tous ces nouveaux conservateurs que l’on ne connaît pas bien. Une autre solution est de limiter les formules à rallonge qu’on ne peut pas totalement maîtriser et de favoriser des compositions courtes.

Quoiqu'il en soit, pas de panique, la peau dispose d’une "fonction barrière" tout à fait étonnante. C'est d'ailleurs son rôle principal. Elle limite beaucoup la pénétration de molécules (généralement les plus grosses, au-delà de 500 Da). A partir de 1 000 Da les molécules ne passent plus. Et d’une façon générale, depuis l’affaire des talcs Morange dans les années 70, on n’a jamais tué qui que ce soit avec des cosmétiques et il n'y a jamais eu de scandales sanitaires comme ça a pu être le cas à plusieurs reprises dans les industries pharmaceutiques et alimentaires. [NDLR : un article à relire ici à ce sujet]


Quelles sont les études toxicologiques menées aujourd'hui sur les produits cosmétiques avant leur mise sur le marché ?

On fait systématiquement un test sur peau humaine, le patch test. Le principe est d'appliquer le produit sous un pansement occlusif sur le dos, au niveau des omoplates. Ce patch permet de maximaliser le contact du produit avec la peau sur une toute petite surface. On le laisse 48 ou 72h en place et on observe cliniquement les effets selon des critères de graduation : de « léger érythème » jusqu’à « papules et vésicules ».

Le patch test n'étant pas une évaluation en conditions « normales » d'utilisation, on fait aussi souvent un test d’usage, c'est à dire que des volontaires testent le produit chez eux dans des conditions normales, pendant en général 4 semaines.

Il y a ensuite des tests induits par formule en elle-même : photo-irritation pour les produits chargés en parfums que l'on sait photosensibles (bergamotes, terpènes…), test de sensibilisation pour pouvoir vérifier une certaine hypoallergénique (application répétée du patch pour favoriser l'apparition d’allergie), tests oculaires pour les produits susceptibles de couler dans les yeux...

Pour les tests oculaires, il y en a de 3 sortes. Le Het Cam, qui est assez subjectif (on teste le produit sur la membrane qui est entre l'œuf de poule et sa coquille, car c'est un endroit très vascularisé comme la muqueuse oculaire). Le rouge neutre, qui consiste à appliquer le produit sur un tapis cellulaire de fibroblastes en présence d'un colorant, le rouge neutre ; ce dernier est absorbé et si les cellules meurent, il est relargué – il suffit alors de compter les cellules viables, c’est-à-dire non rouges. Le gel d'agarose : un test moins fréquent, qui consiste à mettre le produit dans un tube à essai contenant un « bouillon de culture » avec différents types de bactéries, et si ce milieu devient trouble en présence du produit cosmétique, c'est que celui-ci est toxique.


La suite du programme en matière de règlementation cosmétique ?

Le métier évolue. En 2013, un nouveau Règlement Cosmétique Européen sera applicable. La précédente Directive Cosmétique a été abandonnée en 2009 car elle nécessitait une transposition des textes dans chacun des états membres, chaque pays souverain appliquant la Directive tenant compte aussi de son droit local (comme celui de la Santé Publique en France), ce qui impliquait non seulement des délais d'application importants mais aussi des interprétations pas forcément rigoureuses. Avec le Règlement Cosmétique, il n'y a pas de transposition possible, la loi est applicable directement.

Par ailleurs, l'Europe a pris la décision de monter d'un cran en matière de sécurité. Le toxicologue a maintenant un rôle très important dans la mise sur le marché d'un produit cosmétique. L'attestation de sécurité qu'il fournit passe de 3-4 pages à une quinzaine.

Enfin, les tests sur animaux étant interdits et le manque de méthodes alternatives fiables étant ce qu'il est aujourd'hui, la tendance sera de réaliser plus de tests directement sur l’homme.


* Un des leaders français dans l'évaluation de la toxicité des produits de beauté, qui évalue de manière indépendante l'innocuité des produits de (à peu près) toutes les grandes (et petites) marques cosmétiques. www.cosmepar.fr

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69 commentaires:

  1. Merci pour cet article très complet !

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  2. merci pour cet article tres informatif... les pauvres petites betes :( cest horrible!

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  3. Merci pour cet article très intéressant ! Effectivement, le passé n'est pas très glorieux mais on se rend bien compte de la difficulté d'évaluer un produit ou ses composants.

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  4. Punaise! Bon, je savais que dans le passé on testait les produits sur animaux mais j'ignorais les détails... mais intéressant de comprendre comment toute cette "tambouille" de nos jours!

    Merci, merci ;)

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  5. CourbesGenereuses16 mars 2012 à 09:13

    article extremement interessant, merci !!

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  6. Merci pour cet article qui réponds à une question que je me posais justement il y a quelques jours. En effet, je lis souvent sur des revues de produits "Et en plus, ils ne font pas de tests sur les animaux !" comme si c'était un "plus" comparé à d'autres. Je me demandais donc c'était encore utile de préciser... Maintenant je sais !

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    1. La mention "non testé sur animaux" sur des produits cosmétiques commercialisés en Europe ne rime effectivement à rien, et personnellement elle m'agace un peu car elle sous-entend que les produits qui ne le revendiquent pas testent leurs produits sur animaux, ce qui est évidemment faux.
      C'est un peu comme si on disait : "crème de jour sans eau de javel" ou "n'ayant pas tué de volontaires lors du test consommateurs". ;)
      Par ailleurs, même sur les produits non testés sur animaux, une bonne partie de leurs matières premières, les plus "classiques", ont été testées un jour sur animaux (il y a 20 ans, 30 ans...).

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  7. Article vraiment très intéressant, il permet de bien comprendre l'évolution des choses.

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  8. Merci pour cet article hyper intéressant, j'ignorais plein de choses sur le sujet!

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  9. aaah bravo, je ne supporte plus ces vendeurs de bodyshop qui ont pour argument ultime, oui mais nous, nous ne faisons pas de test sur les animaux ..ba les autres non plus

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  10. Très bon article merci beaucoup !! Je vais le relayer !

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  11. en effet cet article répond à plein de questions! Je suis bien entendue horrifiée quand je lis les détails des anciens tests sur animaux, mais également quand je lis que pour beaucoup on n'a pas encore trouvé de solutions alternatives efficaces.
    Merci pour ce super article!

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  12. Hello :) Un grand merci pour cet article qui fait le point et je trouve ça vraiment très important. J'ai lu dans les commentaires des idées qui rejoignent les miennes, en gros beaucoup de marques vendent leur côté "pas testé sur les animaux", alors que d'après ton billet très éclairé c'est désormais interdit en UE de base. Mais, ma question (je suis novice sur le sujet pour être honnête et si en gros je trouve odieux les tests sur les animaux, je confesse me laisser tenter par mes envies beauté sans trop veiller à ce point - contradiction féminine honteuse), ma question donc : faut-il qu'une marque soit Européenne pour entrer sous le coup de cette interdiction, ou exemple : une marque de l'UE qui fabrique ailleurs (en Chine par exemple) peut-elle se venter d'être européenne tout en faisant des tests à l'étranger. Je ne sais pas si je suis très claire mais en gros mon interrogation est simple, dès lors qu'on achète des produits de marque UE est-on sur qu'ils soient "clean" ? :) Si c'est trop long à m'expliquer je serai ravie de te lire par mail (isabella@beautepeople.fr) ^â

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  13. J'avoue que c'est pas génial ce qu'on a aujourd'hui mais bon, j'ai pas non plus envie qu'on revienne aux tests sur les animaux, c'était vraiment affreux !

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  14. Merci pour ce très bon article, très intéressant !

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  15. Merci pour toutes ces informations !

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  16. Un grand merci de m'avoir appris énormément de choses par cet article!
    Et je me joins à Beautépeople pour te poser la même question: quid des marques qui font tester leurs produits à l'étranger (= Chine où rien n'est interdit!!!) J'ai lu la semaine dernière un article dans la presse anglo-saxonne (je ne me souviens plus quel journal, c'est malin) où le journaliste se posait la question à propos du groupe Lauder dont certains produits seraient faits en Chine...quid des tests sur les animaux dans ce cas-là et je suppose qu'on peut transposer ça aux marques UE et leurs fabrications délocalisée? As-tu une idée? Merci beaucoup par avance

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  17. J'aurais une question complémentaire par rapport à ton article. Il me semble que le test sur cellules animales est encore d'actualité (je me demande du reste si il ne correspond pas à celui des fibroblaste cités plus haut dans l'article). Et est-ce toujours préparé de la même manière ?

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    1. Oui, les cultures cellulaires ont une origine (lointaine) animale comme les fibroblastes de cornée de lapin qui servent pour évaluer la tolérance oculaire. Mais ces cultures sont maintenues en vie et multipliées artificiellement depuis des années, la source (cornée) a été prélevée sur un lapin il y a bien longtemps, on ne tue pas un lapin à chaque fois. :)

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    2. Oui et heureusement, car à préparer (moi ça avait été à partir de fœtus de poulet) c'est vraiment gore (mon binôme à l'époque est sorti de la salle de cours ^^ merci du cadeau, j'ai tout fait toute seule.... et heureusement que j'ai les tripes bien accroché.
      Bref, tout ça pour dire, que les cellules animales, vieillissent assez mal, et qu'il faut régulièrement en re-préparer. Tout les combien ? Je ne sais plus ça se compte en semaines ou mois, il me semble), et je n'ai pas le courage de retrouver l'info dans mes anciens cours.
      Donc toujours préparé ainsi, puis testé sur 'le lapin de 2012' (voir plus bas pour la référence ^^ au cas ou qulqu'un arriverai et ne comprendrais pas commentaire juste ci dessous)

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  18. Merci pour cet article très instructif... en plus, je fais partie des volontaires qui testent des produits cosmétiques avant leur commercialisation ! ^^

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  19. @Claudia, le produit peut être fabriqué en Chine mais ça ne change rien si les tests et les mesures de sécurité ont été effectués en amont? La fabrication n'impliquerait que l'usine et non pas les laboratoires de recherche?

    Par contre moi je me demande, si les marques font faire leurs tests sur les animaux à l'étranger c'est forcément indiqué dans les fiches techniques des produits et ça devrait donc être interdit d'entrée dans l'UE non?

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  20. @Delphine: oui dans le cas de tests effectués en amont en UE pas de problème, mais la question que je me pose c'est quand la plus grande partie est délocalisé là l'étranger (tests compris donc)....

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  21. Top top l'article, merci ! En plus c'est un sujet qui m'intéressait pas mal, j'ai remarqué que quelques lectrices demandent toujours si les produits sont testés sur les animaux. Comme Delphine ne me demande toujours si des tests sont effectués en amont à l'étranger pour certaines marques, et pas sur le produit fini.

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  22. je me demande également s'il est possible de trouver en Europe des produits finis ou des matières premières testés sur les animaux ?
    On voit souvent Made in China (ou autre pays hors Europe) sur des produits cosmétiques, donc dans se cas là ont-ils le droit de tester sur les animaux ? Peut-on les retrouver en Europe ?
    merci

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  23. merci pour toutes ces précisions

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  24. Je vais essayer de répondre concernant vos questions sur les produits fabriqués / testés hors EU dans des pays où les tests animaux ne seraient pas encore interdits.

    Tout d’abord, il faut différencier les tests sur produits finis et sur matières premières.

    Pour les produits finis, il n’y a de toutes façons aucun intérêt de les tester sur animaux, d’une part parce que les matières premières qui les composent ont été évaluées avant d’une manière ou d’une autre, d’autre part parce que les tests alternatifs sont suffisants dans le cas d’évaluation de produits finis (d’autant plus qu’on fait des tests directement sur l’Homme), et dernière chose parce que les tests animaux sont longs et très coûteux donc je ne vois vraiment pas pourquoi un industriel, le plus filou soit-il, irait s’embêter à les faire. Quoiqu’il en soit, tout produit fini importé en EU, qu’il vienne de Chine ou d’ailleurs, ne peut légalement avoir été testé sur animaux (maintenant, comment on peut le vérifier ? je n’en sais rien).

    Pour les matières premières, c’est autre chose. La plupart ont été testées sur animaux il y a plus de 15 ans, et pour les plus récentes, soit ce sont des matières « simples », qui ressemblent à des matières déjà connues et on peut évaluer leur toxicité par des méthodes alternatives type in-silico, soit ce sont des matières utilisées en pharmacie (puisqu’il y a un certain nombre d’ingrédients communs aux 2 industries) et là les tests animaux ne sont pas interdits (mais est-ce que du coup on peut les utiliser en cosmétique ? je ne sais pas), soit ce sont des matières nouvelles avec un risque toxique à priori qu’il faut évaluer et là, les tests alternatifs montrent leurs limites (du coup parfois, je suppose certaines sont abandonnées).

    Dernière chose : quand Estée Lauder a une usine en Chine, c’est pour approvisionner le circuit chinois, donc on a peu de risque d’avoir ces produits-là en France. Tout comme Shiseido a une usine en France pour l’Europe ou L’Oréal au Brésil pour l’Amérique du Sud. De toutes façons, ce n’est pas parce que Estée Lauder a une usine en Chine que les produits sont alors testés sur animaux. Et même si un produit « made in China » est commercialisé en France, le règlementation interdit qu’il ait été testé sur animaux.

    Par contre, si vous êtes sensibles à la cause animale, attention à tous les sites de produits cosmétiques chinois (ou américains, ou autres) qui vous expédient les produits directement de là-bas. Je ne pense pas que tous aient fait les démarches d’importation en France et rien ne garantit à mon avis qu’ils n’aient pas fait de tests animaux (rien ne dit non plus qu’ils en aient fait…).

    Bref, c’est compliqué !!

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    1. La Chine oblige les fabricants de cosmétiques qui vendent chez elle à pratiquer des tests sur les animaux. Donc toutes les marques de cosmétiques qui veulent étendre leur marché à la Chine sont obligées de reprendre ces tests. Yves Rocher qui a toujours clamé ne pas tester sur les animaux et l'Occitane en Provence idem vont commencer les tests pour faire du business avec les chinois.

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    2. Merci pour ton commentaire, mais je ne serai pas aussi radicale que toi. Je ne maîtrise pas le sujet Chine à fond, j'ai déjà effectivement entendu que les tests animaux étaient obligatoires là bas sur matières premières et/ou animaux, je ne sais pas) sans pouvoir le confirmer ici, et je vais me renseigner un peu mieux sur le sujet auprès de professionnels pour vous apporter une réponse éclairée.
      Ce que je sais en revanche, c'est que j'ai plusieurs clients et marques amies qui exportent en Chine et :
      1/ On ne leur demande pas de tester les produits sur animaux
      2/ Pour l'enregistrement (qui est très compliqué - ils n'acceptent pas toutes les matières premières par ex), la Chine ne demande que 50 ml de produit, ce qui est bien trop peu pour qu'éventuellement ils fassent de leur côté des tests animaux
      3/ Aucun intérêt pour eux à faire des tests animaux non payé par la marque importatrice puisque c'est très long et trs coûteux et que les produits sont déjà testés sur humains.
      Par contre, je suppose (mais là encore sans pouvoir l'affirmer à 100%) qu'il est possible que les produits développés en Chine soient testés sur animaux. Mais dans ce cas, ils ne peuvent pas entrer dans le marché européen. Et j'espère (je sais) que la Chine finira par suivre l'Europe et autres pays un peu plus avancés dans ce domaine. Un peu de patience et en attendant, n'achetez pas e produits cosmétiques chinois si la cause animale vous tient à cœur !

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    3. j'imagine assez que cette obligation soit malheureusement le mieux qu ils puissent faire ....

      on a tous en tête le lait à la bakélite, ou les plaquettes de frein en herbes séchées,

      la chine c'est le pays du grand n importe quoi , donc faut mieux un produit testé sur animaux que pas testé du tout .... pour éviter de mutiler des générations entières ....

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  25. Article très intéressant... =)
    Par contre la méthode de test in vitro avec les cultures bactériennes ça m intrigue ( d avoir l explication du raccourci, si croissance c est que le produit est toxique )

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    1. Tu as le détail des tests ici - si tu y comprends quelque chose... http://admi.net/jo/19991230/ECOC9900170A.html

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    2. Besoin d'une explication ? Moi ça me parle se charabia... je me revoie en BTS.... à que j'étais jeune ^^

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  26. Merci infiniment pour cette interview et cette clarification sur une situation qui me tient énormément à cœur!

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  27. Merci pour cette article très très intéressant ! Je n'imaginais même pas une telle horreur !

    Bonne soirée

    Malou

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    1. La bonne nouvelle c'est que les horreurs sont terminées depuis des années et qu'elles ont été rapidement interdites ! :)

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  28. Bonjour So, merci pour cet article intéressant et pertinent. J'avais écrit il y a quelque temps un article sur le même thème donc si ça ne te dérange pas, je vais mettre ton article en édit du mien.

    Je suis vraiment étonnée parce que apparemment et si j'ai bien compris, pour les produits qui sont fabriqués dans l'UE, il n'y a pas AUCUNS tests directement fait sur les animaux, c'est bien ça ?

    Mais qu'en est-il des marques hors UE ? Enfin, je ne suis pas experte du tout, mais la question que je me pose est la suivante : une marque telle que Bénéfit est fabriquée aux USA et si mes sources sont bonnes, teste sur les animaux, mais quand elle arrive sur le territoire de l'UE, comment ça se passe ? En fait, il faut connaître la provenance / l'origine du lieu de fabrication pour savoir si les produits sont testés sur animaux ou non? Je ne veux pas t'assaillir de questions, c'est juste que ton article en soulève certaines :-)

    Enfin bon, c'est un sujet assez difficile à cerner j'ai l'impression, j'ai du mal à recouper des informations vraies et qui ne m'embrouillent pas...

    Très bonne journée :-)

    Justine

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    1. Justine, les tests animaux sont interdits sur les produits finis depuis 8 ans déjà en EU, et quasiment plus pratiqués depuis une quinzaine d'années. Attention à toute la désinformation qui circule sur le Net. :) Pour ta question hors EU, j'y ai répondu plus haut dans les commentaires.
      Entre nous, je ne pense vraiment pas que Benefit fasse des tests sur animaux, s'ils en ont fait un jour (ce qui n'est même pas sûr), ils ont probablement arrêté en même temps que les autres marques à la fin des années 90 (d'autant plus que Benefit appartient à LVMH, ce n'est pas une obscure marque de cosmétiques).

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  29. J'ai lu l'article jusqu'au bout et j'ai appris des choses très intéressante, bravo pour cette initiative dont tu nous fais profiter. J'adore vraiment ton blog et voici une raison de plus pour continuer à te suivre jusqu'au bout !

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  30. c'est intéressant comme article !! merci

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  31. un article comme je les aime où l'on apprend beaucoup de choses! Merci aussi de répondre si bien aux commentaires! c'est pour ca que j'adore ce blog! Bravo pour la Une aussi! Elle est méritée!

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  32. Merci pour cette info très importante pour moi.

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  33. Encore un très bel article. C'est quelque chose qui m'intéresse tout particulièrement du fait de mes études en santé publique. Je connais bien la règlementation REACH, j'en ai d'ailleurs parlé dans ma dernière note de synthèse de concours. Ce qui m'inquiète particulièrement en ce moment, c'est la présence de plus en plus forte de nanomaétriaux dans nos cosmétiques sans que la règlementation n'encadre vraiment leur utilisation. Certes on applique un principe de précaution pour certains d'entre eux, mais pour d'autres, on les laisse sans avoir de certitudes sur leur innocuité dans nos produits de consommation quotidiens. J'espère que la recherche va permettre prochainement de meilleures évaluations de leur potentielle dangerosité.
    Quant aux recherches/tests sur les animaux,et je sais que mes propos peuvent paraître choquants (pour ceux qui sont des fervents défenseurs de la cause animale), je reconnais leur utilité dans certains cas et je ne suis pas totalement contre. Je sais aussi que dans les labos français - pour avoir des amis chercheurs - il y a un réel respect des petites bêtes qui sont depuis leur conception destinées à la recherche.

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    1. Je partage totalement ton avis.
      Dans l'interview, je n'ai voulu que Jean-Louis ne donne que des faits pour justement ne pas dévier vers un débat émotionnel, rester bien dans le rationnel. Et assumer aussi le passé de l'industrie cosmétique qui oui, a testé des produits sur animaux, et peut-être dans des conditions contestables, alors que dans certains cas, il n'auraient pas été nécessaires.
      Cela dit, personnellement, je pense que pour l'industrie pharmaceutique, quand c'est nécessaire, il vaut mieux faire des tests sur animaux (qui sont faits dans des conditions très cadrées comme tu le dis) plutôt que de risquer de faire souffrir / mourir des humains si le médicament est mis sur le marché sans test ou de se passer d'un médicament qui pourrait sauver des vies ou améliorer l'ordinaire de beaucoup de gens, enfants compris.
      Su les nanoparticules, je ne maîtrise pas du tout le sujet par contre...

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  34. Excellent article qui répond à de nombreuses interrogations collectives, mais qui du coup en entraîne beaucoup d'autres.
    Je partage l'avis de Silana : les tests sur les animaux de l'époque nous permettent aujourd'hui d'avoir du recul sur certaines matières premières ou produits.
    Je suis très méfiante de ces nouvelles molécules, ou de cette tendance bio, où, sous prétexte que ça vient de la nature, c'est bon...
    La nature possède également ses poisons !
    Je viens de l'industrie pharmaceutique et il est inenvisageable de commercialiser un médicament sans test sur les animaux.
    Je vous l'accorde, il est plus important de développer un remède contre le sida qu'un rouge à lèvres, mais dans l'absolu, ce ne sont pas les tests sur les animaux qui me gênent, mais la méthode appliquée et l'intérêt réel de les faire.
    Il est possible de faire des tests sans souffrance gratuite.

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  35. Un grand merci pour la réponse détaillée que je viens de découvrir :) Tout est très bien expliqué et me voici rassurée ! En tout cas cela a continué de me sensibiliser au sujet et je vais m'y intéresser je crois de plus près ! Belle fin de journée !

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  36. Effectivement le logo One Voice n'a plus d’intérêt alors.... et qu'en est il des cosmeto avec des ingrédients à base d’animaux ? Mythe ou réalité ? style graisse de baleine dans des rouge à lèvres...

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    1. Blanc de baleine : plus du tout utilisé depuis des années mais on continue à dénommer l'équivalent synthétique "blanc de baleine", c'est confusant.
      "Huile de Castor" (castor oil) : c'est juste une mauvaise traduction, en réalité ça veut dire huile de ricin (végétal).
      Rouge cochenille : celui qu'on utilise dans la cosmétique traditionnelle est un équivalent synthétique mais dans certains cosmétiques Bio pour lesquels les colorants synthétiques sont interdits, il y a des dérogations pour utiliser du rouge de vraies cochenilles (pas chez Ecocert, c'est interdit, mais dans d'autres référentiels, oui). J'en avais fait un billet d'ailleurs.
      Lanoline : c'est de la graisse de laine de mouton, donc pas de souffrance animale, mais ce n'est quasiment plus utilisé car très allergisant.
      "d'origine marine" : ça veut souvent dire de poisson ou crustacés (collagène par exemple), mais ce sont des extraits issus de déchets de la filière alimentaire je crois (pas d'animaux tués pour l'utilisation cosmétique).
      "Venin de serpent" : ce sont des copies synthétiques, pas du vrai venin (pour la bave d'escargot, je n'en sais rien par contre).
      Sinon, il y a aussi du miel, du lait... Mais là, pas de souffrance / mort animale non plus !
      Te voilà un peu mieux éclairée sur le sujet !

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  37. Bonjour So., j'ai commenté ton billet dans un billet sur mon blog : http://coraroz.hinsolite.com/?p=2004
    En résumé, le logo One Voice a bel et bien une utilité.

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    1. Merci d'avoir posé la question à One Voice, c'est bien d'avoir des avis divers et variés, même s'ils répondent un peu à côté (enfin, à mon sens).

      Je te donne mon avis personnel : aucune marque en EU ne teste ses produits finis sur animaux aujourd'hui, puisque ça n'a aucun sens (cf explications dans mes réponses aux commentaires précédents). Les 3 tests dont tu parles concernent les matières premières et les matières premières ne sont pas développées par les marques (à quelques RARES exceptions près), ce sont des laboratoires extérieurs qui les développent et les proposent à toutes les marques, donc si test animaux il y avait, ce serait les fournisseurs qui les feraient, pas les marques.

      Par ailleurs, aucune marque labellisée One Voice ne peut se targuer de n'utiliser que des matières premières non testées sur animaux. La plupart des matières qu'elles intègrent dans leurs formules l'ont été un jour, comme je disais plus haut. Et ça, personne ne peut le nier, il suffit de regarder leurs formules et de sortir les fiches MP correspondante où les tests sont listés.

      Ce label a un sens uniquement pour les produits finis commercialisés hors EU là où les tests animaux sont autorisés (et aucun sens vis à vis des matières premières quoiqu'il en soit). C'est bien que One Voice ait existé ou existe aujourd’hui encore aux USA par ex, pour faire avancer les choses, mais il ne faut pas faire de raccourcis et d'amalgames avec ce qu'il se passe en Europe aujourd'hui.

      N'oublie pas que, comme dit JL Fiacre : "Petit à petit, sous la pression des lobbies, les essais sur animaux ont disparu dans l'Union Européenne. En l'espace d'une quinzaine d'années seulement, ce qui est très rapide. On est passé d'un état où l'on faisait systématiquement tester les matières premières et les produits finis sur animaux à plus aucun test sur animaux." Regardons les choses de manière positive : ils n'ont peut-être pas arrêté les tests animaux en 6 mois top chrono (et heureusement pour la santé humaine d'ailleurs), tout n'a pas été parfait, mais c'est quand même énoooorme, cette avancée aussi rapide, non ??? :)

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  38. Le problème, c'est que JL Fiacre affirme que les produits finis ne subissent aucun test sur les animaux, or, c'est faux. Tu dois le savoir, la Directive Européenne au sujet des cosmétiques testés sur les animaux a bien été votée il y a 20 ans, en 1993, interdisant la vente de cosmétiques testés sur les animaux. Or, cette Directive n'est toujours pas appliquée en UE, car les grands groupes cosmétiques font pression pour retarder au maximum son échéance. Il y a donc des produits encore de nos jours testé et vendus au sein même de l'UE. C'est pour ça que cette Directive est révisée en mars 2013, afin de faire enfin appliquée la loi. Si les marques comme Caudalie et Lush écrivent qu'elles ne testent par sur les animaux, ce n'est pas pour faire vendre, mais bien parce que cela fait partie de leur éthique, à contrario de certaines marques. Alors bien entendu, certains produits ont été testés sur les animaux il y a 20 ou 30 ans, et leurs fiches peuvent être réutilisées par d'autres groupes. Mais en même temps, on ne peut pas défaire ce qui a été fait. Il suffit de regarder l'avenir, et non le passé.

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    1. Attention, il ne faut pas tout confondre ! Je vais être un peu longue dans ma réponse, mais je voudrais que tu aies toutes les clés en main pour te faire ta propre opinion.

      Comme le dit JL Fiacre dans cette interview, certaines méthodes alternatives ne sont pas encore validées scientifiquement : ce sont celles qui nécessitent un organisme entier pour voir le devenir d'une substance qui pénètrerait au-delà de la peau (il faudrait réussir à recréer in vitro un équivalent d’un organisme +/- complet proche de celui de l’être humain) et celles qui évaluent ses effets cancérigènes (effet à très long terme). A mon avis, 2013 ou pas, on est encore loin d'arriver à une validation satisfaisante de ces tests, c’est hyper complexe…
      Ces deux types de tests sont indispensables pour des molécules "touchy" comme, disons, en cosmétique, peut-être des colorants capillaires ou substances dépilatoires, par exemple, mais ne le sont probablement pas pour la majorité des ingrédients qui sont à priori plutôt inoffensifs et dont la structure chimique est suffisamment proche d'autres ingrédients déjà connus (cf. la toxico in silico citée dans l’interview, qui suffit dans ces cas-là).
      Donc, oui, il y a encore des dérogations pour ce genre de tests jusqu’à ce que les alternatives soient validées (2013 était la date butoir mais comme tu le dis, les Autorités de Santé ont dû repousser encore un peu l'échéance vu que les alternatives ne sont pas encore satisfaisantes), et heureusement ( !!), je trouve cela bien normal personnellement, ça me rassure, je sais au moins que je ne me mets pas sur la peau (ou pire, sur celle des enfants… que je n’ai pas encore) des substances dangereuses.
      Quoiqu’il en soit, encore une fois, ça concerne très très peu de substances et ces dernières doivent rarement se retrouver dans des produits finis.
      Je tiens à (re-re)préciser ici que les industriels de la cosmétique n’ont AUCUN INTERET à continuer les tests sur animaux (chers / longs / inutiles dans la plupart des cas / posant des problèmes éthiques) et que si certains sont encore pratiqués sur quelques rares molécules, c’est uniquement pour VOTRE SECURITE, parce que la loi les y oblige, pour ne pas mettre sur le marché un produit sur lequel on n’aurait pas suffisamment de recul.
      Je tiens aussi à préciser que c’est grâce à de grands groupes comme L’Oréal (ou d’autres) que les méthodes alternatives ont pu être aussi rapidement mises au point, ils ont investi beaucoup d’argent depuis des années dans ce domaine (rachat de labos spécialisés dans le domaine etc). D’ailleurs, tiens, devinez en quelle année l’Oréal a stoppé ses tests de produits fins sur animaux ?? 1979. Eh oui. Méfiez-vous des légendes urbaines… Ceux qui racontent que les compagnies cosmétiques font tout pour repousser l’échéance 2013 me font bien rigoler (jaune), c’est vraiment ridicule.

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    2. Sinon, je trouve les initiatives anti-tests animaux de (par ex) The Body Shop et Lush très intéressantes voire indispensables dans les pays où les tests animaux sont encore autorisés (USA, Chine…), mais en Europe, ça ne rime plus à rien !! A part les très rares exceptions dont tu parles, il n’y en a plus ! Le tout en moins de 15 ans, c’est quand même incroyable, voyons aussi le côté positif des choses !!
      Une petite parenthèse au sujet des campagnes de pub des marques cosmétiques : je trouve certaines méthodes « à l’anglo-saxonne » type happening assez agressives et anxiogènes, et elles ont au final plus tendance à choquer et repousser la franco-latine que je suis. Ces publicités sont à mon avis contestables, non seulement par leur forme revendicatives peu adaptées à la culture française, mais surtout parce qu’elles sont aujourd’hui inutiles en Europe, avec des propos souvent exagérés, sous-entendant par ailleurs que les marques qui ne revendiquent pas « non testé sur animaux » testent leurs produits sur animaux (!!!) et au final on se demande si tout cela n’est pas surtout un moyen pour faire parler de leur marque…
      Un autre truc qui m’énerve, tiens : la confusion entre « tests animaux » et « cruauté » (je pense au slogan « cruelty free » et à la pétition de One Voice que tu mets en lien). Je t’invite à relire un peu plus haut les commentaires de lectrices pharmaciennes qui s’y connaissent dans ce domaine et qui confirme qu’aujourd’hui, les tests animaux (dans tous les domaines : médical, etc) sont très réglementés et que les animaux sont bien traités et souffrent rarement (j’ai d’ailleurs du mal à imaginer qu’ils puissent souffrir avec une molécule cosmétique appliquée sur la peau, mais bon, je ne peux pas m’avancer à 100% là-dessus).

      Après, c’est une question de verre à moitié vide ou moitié plein. Moi, qui suis d’un naturel positif, je vois le verre de la cause animale en cosmétique à 99,5% plein et je suis satisfaite même si tout n’est pas parfait. Toi (et d’autres), tu as l’air de le voir plutôt vide parce qu’il reste à ce jour des micro-dérogations. Comme tu le dis pourtant si justement, on ne peut se défaire du passé, c’est le présent et l’avenir qui comptent…

      J’espère avoir pu te faire réfléchir un peu plus sur le sujet... :)

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  39. Je ne souhaite pas du tout attaquer ton travail, mais, quand je lis certaines lectrices qui comprennent que chaque produit de beauté acheté dans l'UE n'est pas testé sur les animaux, il faut connaître les complications.
    Je te mets deux liens au sujet de la Directive : http://www.one-voice.fr/sante-sans-torture/cosmetiques-l%E2%80%99europe-doit-tenir-ses-engagements/ et http://fr.lush.eu/shop/info/69/.

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    1. (voir ma réponse juste au-dessus)

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  40. Bonjour, j'ai des questions par rapport à ton article (qui est très détaillé, bravo !).

    - concernant les lois dont tu parles, tu donnes des dates et on comprend que c'est appliqué de suite. Est ce qu'en vérité il y a des délais d'applications ? De quelle durée ?

    - Tu écris et réponds très clairement qu'il n'y a plus de tests sur les animaux. Est ce qu'il y a des dérogations encore actuellement ? Je pense à L'Oréal (par exemple).

    Merci d'avance pour tes réponses ^^

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  41. La loi concernant l'arrêt de la commercialisation et vente de produits testés sur l'UE n'est actuellement pas exercée. Elle est prévue pour 2013, mais sera reportée (date inconnue à ce jour).
    Vu qu'il est possible de commander ces tests très facilement dans d'autres pays, ne pensez vous pas que les tests cosmétiques ne sont simplement plus réalisés chez nous, mais là où c'est autorisé, un peu plus loin ?




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    1. Attention à ne pas confondre tests animaux sur produits finis (100% interdits depuis 8 ans déjà !!) et sur matières premières (l'échéance 2013 dont vous parlez - par ailleurs, si des rares tests sont encore parfois encore réalisés sur des molécules "douteuses", ils le sont par des fournisseurs d'ingrédients et très rarement par les marques elles-même).
      Sinon, comme je le disais plus haut, les marques de produits finis n'ont aucun intérêt à aller dépenser de l'argent et risquer de se faire blacklister par des consommateurs en allant faire des tests animaux quand ils ne sont pas obligatoires. Et il ne faut pas penser que les salariés derrière ces marques ont moins de sensibilité et d'éthique que nous ! :)

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  42. Je voulais préciser qu'il y a toujours des tests sur les animaux. Ils se passent juste plus loin (hors UE). A ce jour aucune loi n'interdit aux industriels de l'UE de commander des tests aux USA (par ex.) puis de vendre leurs produits en UE. Cette loi était prévue pour 2013 mais elle vient d'être repoussé de 10 ans. Vous aviez oublié cette partie me semble t'il.

    Concernant votre réponse "j’ai d’ailleurs du mal à imaginer qu’ils puissent souffrir avec une molécule cosmétique appliquée sur la peau" c'est un peu réducteur. Il y a aussi d'autres tests (ingestion, inhalation) qui se pratiquent dans la durée et qui sont sûrement peu agréables. N'oublions pas que les animaux sont tués à la fin des tests avec certaines méthodes de mise à mort (dislocation du cou, mais aussi décapitation, assommement puis exsanguination...).

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    1. J'ai déjà répondu plusieurs fois à vos remarques en commentaire plus haut, je vous laisse en prendre connaissance.
      Par contre, je vous rejoins sur la citation que vous reprenez, j'ai été un peu rapide sur ce coup-là, vous avez raison, c'est moins simple que ce que j'ai résumé. Les (très rares) tests encore réalisés sont quoiqu'il en soient menés dans le respect au maximum de l'animal, il y a des chartes assez strictes là-dessus (enfin, en tous cas en EU).
      Le verre est à 99.5% plein, réjouissons-nous des avancées rapides sur la question et un peu de patience pour le 100% !

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  43. Cet article est mensonger. les test sur les animaux existent toujours. la france est un des pays qui expérimentent le plus sur les animaux. Ne soyez pas naifs. la personne interrogée dans cet article fait partie d'un laboratoire. Donc bien évidemment, ce qu'elle dit est bien dirigée. Les laboratoires mettent de nouveaux produits avec de nouveaux ingrédients tous les mois sur le marché. c'est la course au fric. Croyez vous vraiment que ces nouveaux produits ne sont pas testés préalablement? la mention, non testé sur les animaux, que vous considérez comme inutile est en réalité elle aussi mensongère car la plupart du temps le produit a été un moment ou un autre testé sur les animaux. Les laboratoires pharmaceutiques se foutent complétement du bien être animal. quand on court après l'argent et le profit, on ne peut pas avoir d'éthique et vous le savez très bien.

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    1. Cher Anonyme, je sais très bien de quoi je parle et la personne interrogée donne des faits règlementaires.
      Vous avez le droit d'avoir un avis personnel sur la question, sachez cependant la vérité n'est pas "toute noire" ou "toute blanche. Relisez les arguments de chacun dans les commentaires, ils sont intéressants.
      PS : ne pas confondre tests animaux dans l'industrie pharmaceutique et tests animaux en cosmétique. Et ce qu'il se passe en EU est différent de ce qu'il se passe dans le reste du monde.

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