Cela fait un moment que je voulais aborder le sujet avec vous et cette semaine, un événement et les quelques premières réactions qu'il a suscitées m'en donne l'occasion : l'arrivée dans nos linéaires de la gamme "Botanicals Fresh Care" de L'Oréal Paris.
Botanicals semble être une gamme stratégique pour la marque si j'en crois les moyens déployés pour son lancement. L'après-midi blogs, lundi, était international m'sieurs dames, et il y avait foultitude d'influenceurs. Ça m'amuse toujours d'ailleurs de croiser les blogueuses étrangères, elles sont teeeeeellement plus apprêtées que les françaises - en tous cas que les blogueuses beauté françaises qui restent sommes toutes très simples.
(je commence déjà à m'égarer... revenons à notre sujet)
La gamme se présente comme la fille naturelle de Mère Nature. "Notre 1ère gamme capillaire premium infusée d'extraits de plantes", "créée avec des extraits de plante sourcés de manière responsable et produits de manière durable", "sans silicones, parabènes, colorants", "packagings eco-conscients en PET 100% recyclé"... (je traduis l'anglais du dossier de presse, ça doit être plus joliment dit en version française).
Cette gamme capillaire va être segmentante, sans aucun doute.
Botanicals semble être une gamme stratégique pour la marque si j'en crois les moyens déployés pour son lancement. L'après-midi blogs, lundi, était international m'sieurs dames, et il y avait foultitude d'influenceurs. Ça m'amuse toujours d'ailleurs de croiser les blogueuses étrangères, elles sont teeeeeellement plus apprêtées que les françaises - en tous cas que les blogueuses beauté françaises qui restent sommes toutes très simples.
(je commence déjà à m'égarer... revenons à notre sujet)
La gamme se présente comme la fille naturelle de Mère Nature. "Notre 1ère gamme capillaire premium infusée d'extraits de plantes", "créée avec des extraits de plante sourcés de manière responsable et produits de manière durable", "sans silicones, parabènes, colorants", "packagings eco-conscients en PET 100% recyclé"... (je traduis l'anglais du dossier de presse, ça doit être plus joliment dit en version française).
Cette gamme capillaire va être segmentante, sans aucun doute.
- D'un côté, les puristes du naturel crieront au greenwashing, pointeront du doigt le sodium laureth sulfate ou le polyquaternium-10 de certaines formules, et puis bon, c'est L'Oréal, quoi - avec toutes les vérités et les clichés qui vont de paire, donc ils boycotteront d'office Botanicals.
- De l'autre, des consommateurs en quête de plus de sens et de Nature, plus "naïfs" diront certains, en tous cas moins exigeants que les premiers, ravis de l'arrivée de cette nouvelle gamme positionnée "eco-friendly" un peu meilleure élève en matière d'écologie que ses grandes sœurs.
- Et puis d'autres qui ne feront attention qu'aux jolis emballages, prix, textures, parfums et effets escomptés, et qui n'en auront pas grand-chose à faire de la naturalité avérée ou supposée.
Mon avis à moi, puisque vous devez être en train de vous poser la question, c'est qu'il en faut pour tous les goûts. Réponse de normande que je ne suis pas ;). Chacun a sa propre opinion +/- documentée sur le sujet naturalité et je n'ai aucun jugement sur ces 3 approches.
Personnellement, puisqu'on est sur un blog et qu'il faut donc que je m'implique un minimum :), je suis une consommatrice "vert clair". Je vous ai déjà expliqué ce que cela signifie je crois (versus les "vert foncé" plus orthodoxes) : ça veut dire que je tiens à utiliser des produits (d'une manière générale et en cosmétique en particulier) les plus naturels possibles, mais que je ne souhaite pas me passer, quand je trouve que cela est nécessaire, d'ingrédients synthétiques, pour des raisons sensorielles, de tolérance ou d’efficacité (en notant quand même que le Bio n'a aujourd'hui parfois plus grand chose à envier au conventionnel, mais que parfois - pour la substitution des silicones, par exemple, il y a encore du boulot) (mon avis sur les silicones ici) (oui je vous le ressortirai souvent cet article parce qu'il traduit bien ma façon de réfléchir d'une manière générale et même au-delà de la cosmétique :)). Je suis donc dans une consommation "naturo-raisonnée" on va dire. Enfin pas toujours raisonnée car je suis parfois capable de descendre un pot entier de Nutella, mais vous avez compris l'idée ;). Et puis cette nouvelle gamme Botanicals, franchement, elle me donne envie, je vais m'empresser de l'essayer.
Ensuite, en tant que citoyenne du Monde, bien sûr, j'ai envie que l'être humain pollue moins. D'une manière générale. Se soucie plus de la Planète, des animaux, des autres êtres humains. Soit plus gentil. Plus cultivé. Moins trumpé. Etc. (je m'égare encore..)
Et que les industriels soient plus transparents, qu'il assument ce qu'ils font (ya du boulot parfois).
(jute pour le plaisir)
Pour en revenir au lancement de la gamme Botanicals. Qui n'est qu'un prétexte pris au hasard et que j'associe à d'autres marques existantes positionnées naturelles et qui ne le sont pas complètement comme Yves Rocher, Klorane, Nuxe, the Body Shop, Lush - j'en passe et des meilleures...
OK, il faut savoir lire entre les lignes pour bien comprendre où s'arrête la naturalité des produits de ces gammes. Et malheureusement le consommateur lambda n'est pas suffisamment éduqué à cela. Il n'est par ailleurs pas encore prêt, sans même en avoir conscience, à se passer de sulfates (ça mousse, c'est pas cher) ou de silicones (ça adoucit et fait briller, c'est pas cher).
MAIS. Je note déjà l'effort de ces acteurs cosmétiques de tendre vers plus d'écologie. Quand on pense aux tonnages annuels des capillaires L'Oréal Paris, améliorer un tant soit peu leur naturalité est déjà juste ENORME en terme d'impact environnemental.
Et puis - et ça vous ne le savez probablement pas, il y a plein d'autres actions "durables" menées par les industriels !! (ayé on arrive au cœur du sujet dont je veux vous parler depuis longtemps, quelle longue introduction...).
Plein d'efforts "cachés" de développement durable sur lesquels les marques ne communiquent pas, qui sont issus de la volonté des groupes (L'Oréal, Pierre Fabre, Yves Rocher, Clarins...) derrière les marques (sous la pression des associations et consommateurs parfois, bien sûr), et qui apparaissent dans les rapports annuels de ces groupes (j'en ai quelques uns en ma possession). Comme :
- la réduction de la dépense énergétique (eau, électricité...) dans les usines de fabrication,
- l'amélioration du recyclage des déchets de production,
- l’allégement (imperceptible pour le consommateur) des emballages, avec pour conséquences non seulement de produire moins de plastique, de verre, de carton... mais aussi de réduire le poids des produits transportés donc l'empreinte carbone,
- le financement de programmes de biodiversité et d'éducation aux pratiques environnementales , notamment pour produire certains de leurs extraits végétaux (dans le propre intérêt des groupes cosmétiques bien sûr mais pas que),
- la suppression ou réduction de certains ingrédients peu biodégradables dont le consommateur n'a jamais entendu parler (le consommateur se focalise sur les silicones et les parabènes),
- le soutien de communautés par des actions équitables (bon en général, ça, les marques nous en parlent quand même, ça fait vendre - le karité, l'huile d'argan...),
- la formation de femmes défavorisées dans les métiers de l'esthétisme,
- le financement de bourses pour des étudiantes en sciences,
- ou encore - ce qui a compté beaucoup il y a quelques années, l'implication active pour trouver des alternatives aux tests animaux (par L'Oréal notamment) (je rappelle que les tests animaux sont interdits en cosmétique Union Européenne depuis 2004 sur produits finis et 2009 - bon allez 2013 pour quelques cas exceptionnels - sur les ingrédients)...
Petite cerise sur le gâteau : les politiques de développement durable mises en place par ces groupes sont parfois partagées publiquement en toute transparence pour inspirer d'autres entreprises. L'Oréal fait cela par exemple, et est souvent cité comme exemple en la matière (ça vous en bouche un coin, hein ?).
Je me suis aperçu de cette situation un peu schizophrénique lors de mon passage éclair chez L'Oréal il y a quelques années. Leurs efforts sociaux et environnementaux m’avaient frappés versus le greenwashing appliqué par certaines marques du groupe à l'époque comme Garnier (-_-) (par contre d'autres aspects m'avaient déplu, comme leur philosophie "d'excellence par la compétition" et d'autres choses dont je ne peux pas vraiment parler ici, mais ceci est une autre histoire - je le précise juste pour que vous compreniez bien que je reste totalement critique et indépendante vis à vis des pratiques loréaliennes ou d'autres groupes cosmétiques).
(sans transition, je vous ai dit que Papa Noël m'avait apporté un bac à compost ?) (bon moi je ne jette pas de fruits et légumes parfaitement consommables comme sur cette illustration mais je voulais vous épargner la vue de mon vrai compost)
Avant de terminer cet article, pour éviter toute confrontation binaire Bio / non Bio et certification / non certification, je précise aussi que si les labels Bio garantissent un minimum de choses notamment sur la composition des produits et que l'on est tous bien contents qu'ils existent car ils tirent toute l'industrie de la beauté vers le haut, ils sont quand même loin d'être parfaits en matière écologique et sociale. Par exemple (sous réserve d’éventuelles récentes évolutions pour lesquelles je ne serais pas au courant, dites le moi en commentaire le cas échéant) : ils ne tiennent pas compte des conditions de travail des salariés (on peut tout à fait imaginer que des enfants travaillent à la production d'ingrédients entrant dans des compositions certifiées Bio - il semblerait notamment que ce soit le cas pour l'extraction du mica), n'interdisent pas tous les ingrédients issus d'animaux morts (souvenez-vous, l'extrait de cochenille...) ou n'empêchent pas les sourcings d'ingrédients au bout du monde et leur transport par avion même si le même extrait peut être sourcé localement (bonjour l'empreinte carbone).
Voilà la réflexion que je voulais partager avec vous.
Le +/- greenwashing des labos de cosmétique via certaines de leurs marques (qui, et c'est tant mieux, a quand même tendance à s'atténuer, notamment chez les marques françaises) (méfiez-vous de certaines américaines et asiatiques beaucoup plus limites dans leurs allégations) versus leurs actions peu connues de développement durable au niveau institutionnel qui, proportionnellement, ont bien plus d'impact écologique et social.
Je ne suis bien sûr pas en train d'encourager les marques à continuer leur greenwashing, vous aviez bien compris. Je vous invite juste, comme d'habitude, à prendre du recul par rapport à ce que vous lisez ci et là et nuancer vos réflexions. Vive la réflexion raisonnée !
(et les pléaonasmes)
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LES 7 "PÉCHÉS" DU GREENWASHING
- Péché de concessions cachées (ex : une marque communique sur des extraits de plantes bio du bout du monde en omettant de préciser que leur transport est hyper-polluant)
- Péché de non-preuve (d’où l’intérêt des certifications par des organismes indépendants)
- Péché d’imprécision (ex : afficher « 100% naturel » alors que le produit contient du formaldéhyde… qui est toxique mais peut pourtant bien avoir une origine naturelle)
- Péché de fausse labellisation (un étiquetage qui, à travers des mots ou des images, fait croire à une certification indépendante)
- Péché de revendication inappropriée (ex : « non testé sur animaux » alors que c’est de toutes façons interdit)
- Péché de moindre mal (ex : la cigarette bio)
- Péché de mensonge (le péché le moins fréquent, mais heureusement, car ça, c’est de toutes façons interdit par la loi !)
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