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mardi 20 janvier 2015

PROFESSION : COUTEAU SUISSE (1/2)

Chez un de mes clients, il y a une apprentie qui a une double formation d'abord scientifique / ensuite marketing, et l'autre jour elle me demandait mon avis sur son profil (peut-être) un peu (trop ?) "atypique" pour travailler dans le marketing en cosmétique (... profil qui est également exactement le mien). 

Je lui ai répondu que dans certains groupes franco-français un peu "traditionnels" dans leurs recrutements, si on ne sort pas de HEC, l'ESSEC ou l'ESC, on aura effectivement encore du mal à intéresser les DRH, mais que dans la plupart des autres boîtes, un profil double-compétences marketing + biologie pour intégrer un service marketing / communication en cosmétique, c'est le GRÂÂL !


Prenons mon exemple personnel.

(ça va être un peu long mais comme on me demande régulièrement mon parcours étudiant et professionnel, et que je n'ai jamais pris le temps d'y répondre sérieusement, au moins, ce sera fait)

(allez vous préparer un thé pour accompagner la lecture)

(vous avez le droit à un carré de chocolat avec)


1/ Mes études, mon parcours
(avant mon activité de consultante)

Au lycée, bien que j'avais déjà une personnalité très sociale / créative / littéraire (cerveau droit, vous vous souvenez ?) et que je n'étais pas du tout intéressée par les sciences et la logique  (maths, physique...), on m'avait dit qu'il fallait absolument que je fasse une Première S parce que les BAC A et B ne menaient à rien (au chômage ?) et que le BAC G, n'en parlons même pas (vous connaissez la chanson polémique de Sardou : Le bac G, bac à bon marché ?) (... je ne fais que répéter des jugements caricaturaux de l'époque, n'entrons pas ici dans le débat :)). "Et comme vous êtes plutôt bonne élève (enfin je ne vous raconte pas mes notes en math et physique de seconde, ce n'était pas non plus la grande classe), il serait vraiment ridicule de choisir une "voie de garage", Sophie, il faut privilégier la "voie royale", et le BAC C mène à tout, donc faites un BAC C." (fin de citation - les agents des CIO sont terribles). Bon, comme j'étais aussi un peu trop paresseuse pour faire un BAC C, j'ai fait un compromis et zou, en BAC D.

(oui, "D", oui, je suis si vieille que ça - j'ai passé le dernier BAC D, l'année suivante il est devenu BAC S-SVT, donc spécialité biologie si vous n'aviez pas compris)

J'ai ensuite bêtement fait un DEUG B (Sciences de la Vie et de la Terre), parce que je ne savais pas quoi faire. En fait, je voulais faire journaliste, mais on m'en a vite dissuadée, et puis pour faire de la pub (j'aimais bien le métier du mari de Samantha dans Ma Sorcière Bien Aimée), il fallait entrer dans une école privée et payante donc c'était difficilement envisageable pour une fille d'instits défendant l'école publique, gratuite, laïque et obligatoire.

Et j'ai trouvé la science biologie vraiment intéressante, sincèrement (savoir comment fonctionne le vivant, c'est complètement dingue quand vous y pensez, on découvre de ces trucs, vraiment, c'est passionnant...), mais bon, avec un diplôme universitaire il me restait le choix entre devenir chercheur dans un labo sans ressource à bosser des années sur un sujet très pointu (la mutation du gène X32 du chromosome 5 de drosophile) sans savoir si j'allais trouver un jour (ce n'est pas pour rien qu'on dit "chercheur"), ou alors être prof, ou... bah c'était à peu près tout.

Donc panique à bord, enfin non, en réalité, je crois que je m'étais fait une raison et m'étais dit "ok pour instit, comme mes parents" (on est quand même vachement conditionné, non ?), et puis grâce à une copine qui m'a traînée (le mot est faible) (je ne la remercierais jamais assez) (je l'ai complètement perdue de vue, je ne sais pas ce qu'elle est devenue, vous savez, à l'époque on n'avait pas de mail et de portable) (merci Elise) (Elise ? J'ai même un doute sur le prénom, ça fait si longtemps...) à un salon sur les écoles d'ingénieurs, je suis tombée sur le stand de l'EBI, Ecole de Biologie Industrielle, et là, j'ai commencé à voir un véritable intérêt personnel à étudier la biologie.

Petite parenthèse : juste avant l'EBI, j'avais fait un stage de 6 mois à temps partiel dans la laboratoire de nutrition humaine de l'INSERM,où j'ai étudié l'influence de la palatabilité des aliments sur des réponses de la digestion (satiété, dépense calorique...). Palatabilité, ça veut dire est-ce qu'on aime ou pas un aliment, de manière quantitative, pas qualitative. Et j'y ai appris plein de choses sur la nutrition, qui m'ont servi par la suite.

L'EBI, c'est une école qui a été crée par des industriels des domaines touchant à la biologie (pharmacie, cosmétique, alimentaire, bio-dépollution...) (des industriels comme L'Oréal ou Air Liquide) qui à l'époque avaient le choix de recruter des pharmaciens ou des ingénieurs agro, à la limite des diplômés universitaires en Sciences de la Vie (enfin non, pardon, je retire ce que je dis, parce que les universitaires sont - à tort - rarement les bienvenus dans le privé) alors qu'ils avaient besoin de profils un peu au milieu des deux, disons des sortes d'ingénieurs spécialisés dans les sciences du vivant, capables de faire de la recherche appliquée, de trouver des solutions à des problématiques industrielles, de faire concrètement et rapidement les choses et en rapport direct avec les besoins du marché. Pour moi, ça voulait dire pouvoir toucher à des produits du quotidien, développer de nouveaux aliments, de nouveaux cosmétiques... c'est à dire créer. Donc oui, là, ça m'intéresse un peu plus.

(vous êtes toujours là ?)

J'ai donc intégré l'EBI directement en 3ème année (puisque j'avais déjà mon DEUG) (on dit encore DEUG aujourd'hui ou ça n'existe plus ?). J'y ai notamment découvert la cosmétique, via un stage, un peu par hasard, chez Darphin, à l'usine, en contrôle qualité (c'est à dire que je vérifiais par diverses mesures physicochimiques, visuelles, tactiles et olfactives que les produits qui sortaient des cuves de fabrication étaient conformes - en gros, j'avais toujours les mains et le nez dans les crèmes - fantasme de certains d'entre vous, j'en suis sûre !!), puis là, gros coup de coeur. Révélation. Je VEUX faire des cosmétiques. Plus précisément, j'étais fascinée par l'Art de la responsable formulation (Laurence, que je salue au passage) et je voulais faire comme elle, créer des crèmes de beauté, jouer avec les textures, les parfums, choisir des ingrédients actifs, assurer la stabilité des produits dans le temps...

L'été suivant, je suis retournée chez Darphin, en formulation cette fois (youpiii !), et puis pour mon stage de fin d'études, j'ai intégré le Laboratoire Santé Beauté, qui détient des marques de grande surface comme Barbara Gould, Linéance, Email Diamant, Poupina, Nair... (certaines de ces marques n'existent plus me semble t-il), au sein du labo de formulation, et j'ai étudié les matières premières, formulé, formulé, et ça a commencé légèrement à m'ennuyer, et puis les filles du labo (Isabelle, Erika, Anne), qui avaient 4-5 ans de plus que moi m'ont dit "Sophie, il est encore temps. Fuis. Fuis la R&D. Vas faire du marketing. Ici, tu ne fais qu'exécuter les désirs du marketing. Ce n'est pas créatif. Tu vas finir par te faire chier. En plus elles gagnent vachement plus de thune que nous. Non, vraiment. Fuis, Sophie, fuis !" (je caricature un peu).

Dont acte.

(elles m'avaient bien cernée)
(je précise que chacun ses goûts, chacun sa personnalité, et je conçois tout à fait qu'on puisse s'éclater en formulation)

J'ai ensuite travaillé chez Oenobiol (à l'époque Oenobiol faisait des produits cosmétiques en plus des compléments alimentaires) comme chef de projet à l'interface entre la R&D, la production, le réglementaire et le marketing, avec une dominante technique mais j'avais quand même beaucoup de liberté sur le développement des produits (choix des actifs et du concept global, des textures...) et j'étais force de suggestions pour le marketing - en gros j'étais ce qu'on aurait pu appeler dans une plus grande structure "chef de produit développement" (et coucou en passant Jeanne, Fabrice, Aurélie, Joachim, Daphné et compagnie). C'est là que j'ai commencé à toucher au marketing et à la communication et c'est ce qui me faisait le plus triper.

Je vous passe les détails mais après 4 ans, j'ai fait 1 an au service Trade Marketing, qui regroupe le marketing et la communication sur le lieu de vente, c'est à dire s'assurer que les pharmaciens soient bien formés sur la gamme et les nouveautés, les inciter à vendre de l'Oenobiol plutôt que la concurrence, mettre en avant les produits en officine à l'aide d'affichettes, présentoirs de comptoir, offres promotionnelles..., bref absolument rien de technique ou scientifique là-dedans. Bon, c'était rigolo 5 minutes mais moi j'avais besoin d'être plus en amont, de créer les produits, c'était mon truc, car je maîtrisais à la fois le côté créatif, connaissance marché, innovation marketing et technique. Je me sentais frustrée, trop en aval.

(... c'est le moment d'aller faire une pause pipi, on a fait un peu plus de la moitié)

J'ai ensuite "pris le risque" de travailler pour une start-up, Icy Beauty, qui proposait des produit fous développés par des ingénieurs encore plus fous (bisous Fadi, Pierre, Lionel et les autres) : les crèmes de beauté étaient conditionnées dans des pots auto-réfrigérants, une technologie écologique à base d'eau, de vide et de céramique, qui permettait de refroidir les crèmes de 20° en 2 minutes et leur donnait des propriétés antirides époustouflantes avec avant/après en 5 minutes complètement dingues. J'étais Responsable Marketing et Communication, ça a été une merveilleuse école de la débrouille, et de terrain, puisque les produits étaient vendus chez Colette, Galeries Lafayette, Bon Marché..., et que j'y allais régulièrement prendre la température. Une merveilleuse aventure humaine aussi (poke ceux qui se reconnaîtront - une pensée toute particulière pour Alexa). Malheureusement, comme c'est souvent le cas pour les marques cosmétiques start-up, l'aventure s'est terminée brutalement fin 2008.

Je me suis retrouvée au chômage. L'angoisse pendant une semaine, jusqu'à ce que je me rende compte qu'on est plutôt bien protégé en France et que j'avais 2 ans d'Assedics devant moi qui me permettaient de prendre un peu le temps de réfléchir à ce que j'avais envie de faire, et surtout ne pas faire.

Plusieurs amis du Métier (Ludmilla, Jean-Luc, Savéria, Magali...) m'ont suggéré de monter ma propre structure, pour aider les start-up en cosmétique. J'avais déjà une petite dizaine d'années d'expérience, je pouvais donc vraiment les aider. J'ai dans un premier temps refusé, car l'entrepreneuriat n'est pas dans mes gènes. J'avais besoin de prendre l'air et je suis partie en mission d'aide au développement en Inde avec ASMAE, dans un pensionnat de campagne de petits intouchables. Une expérience merveilleuse, vous imaginez bien. J'ai d'ailleurs renouvelé l'expérience quelques mois plus tard au Caire, dans l'école du quartier des chiffoniers créée par Soeur Emmanuelle.

En rentrant d'Inde, ma copine Soumya, qui tenait un blog, m'a suggéré de démarrer un blog beauté, parce que c'était la crise, que je n'allais peut-être pas trouver un nouveau boulot tout de suite, d'autant plus si je faisais ma difficile (à 30 ans passés, j'avais besoin de travailler en accord avec moi-même, c'est à dire éthiquement - ce n'est pas toujours simple en marketing cosmétique, et avec du temps pour ma vie perso, sans me tuer à la tache - ... ce n'est pas toujours simple en marketing cosmétique). Je ne connaissais absolument rien à la blogosphère, je ne savais même pas que des blogs beauté existaient, mais l'idée me plaisait. L'idée d'écrire (j'adore), de m'exprimer sur un sujet qui me passionne et que je maîtrise plutôt pas mal, de faire partager un peu de ce savoir aux autres, d'échanger (si vous saviez comme vos commentaires sont importants !), de m'inciter plus encore à me tenir au courant de ce qu'il se passe dans le monde de la Beauté... Je ne l'imaginais pas alors, mais ce blog m'a aussi apporté un TAS de rencontres, tant professionnelles qu'amicales. J'ai donc lancé (dé)maquillages, il y a presque 6 ans maintenant (le 26 janvier 2009).

Juste après, j'ai eu l'opportunité de travailler 3 mois à la Direction de l'Innovation L'Oréal. C'était comme une mission en consulting, quelque part, une répétition générale pour la suite. J'ai bossé sur les us et coutumes en matière d'hygiène (visage, corps & cheveux) à travers le monde, comment se lavent les japonaises, les coréennes, les américaines, les françaises, les anglaises, les brésiliennes..., et pourquoi elles le font de cette manière là et pas d'une autre (tout est culturel, mes amis). J'ai travaillé sur des concepts innovants-mais-top-secret-bien-évidemment que l'on proposait aux marques mais dont personne ne voulait parce qu'ils étaient trop rupturistes, trop risqués. J'ai rencontré des gens très différents de moi dans leur culture cosmétique et leur manière de travailler (poke Valérie, Marion, Alex...). J'ai pu voir L'Oréal de l'intérieur et me faire ma propre opinion (un jour je vous écrirai un post à ce sujet). Et j'ai pu décider que non, malgré une certaine opportunité qu'on me proposait, ce groupe n'était pas fait pour moi, et que oui, je crois, oui, après tout, j'ai bien envie de lancer mon activité de consultante freelance...

Quelle activité, exactement ? A ce moment-là, c'était encore un peu flou... J'avais touché à tous les métiers ou presque, mais je n'étais experte nulle part. A part "en cosmétique" au sens large. Comment se positionner après ça ?... Je vous raconterai tout cela au prochain épisode !! (quel suspense...)

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mercredi 10 décembre 2014

#SECRETPROFESSIONNEL

J'aimerais vous parler de ces nouveautés que j'ai découvertes la semaine dernière en conférence de presse Sephora, qui seront proposées en exclusivité ou avant-première par l'enseigne début 2015.
Je ne peux pas, elles sont "sous embargo" jusqu'à leur sortie, et j'ai même signé un accord de confidentialité pour ne rien divulguer avant.

(c'est tout ce que je peux vous montrer)

J'aimerais vous parler de cette incroyable techno-gamme de soin au design très réussi, développée par Morgan et Thomas, qui aura nécessité plus de 4 ans de mise au point (4 ans !!), sur laquelle j'ai travaillé il y a 2 ans environ, et qui devrait sortir au printemps.
Je ne peux pas, nous ne sommes qu'à l'automne.

J'aimerais vous parler de ces concepts de beauté inédits sur lesquels je planche avec l'équipe Talika depuis plus d'un an et qui sortiront en mars prochain, en septembre 2015, en janvier 2016...
Je ne peux pas, nous sommes toujours en 2014.

J'aimerais vous parler du parti pris étonnant et plus qu'innovant de la gamme de soins cosmétiques développée par Nafissa avec mon humble coup de main (... de cerveau), qui est en phase de finalisation mais ne sera pas lancée avant le 2ème semestre 2015.
Je ne peux pas,  il n'y a même pas encore de brevet déposé.

J'aimerais vous parler de cette jolie rencontre professionnelle, la semaine dernière, avec une personnalité incroyable, l'une des rares du Métier pour laquelle j'ai une réelle admiration.
Je ne peux pas, personne ou presque ne semble être au courant de son projet.

J'aimerais partager avec vous tout cela, je l'aimerais d'autant plus que je suis quelqu'un de TRES impatient, de spontané, d'enthousiaste, de bavard (un peu aussi, mais je me soigne), de généreux ;), toussa, mais voilà... Je dois apprendre à prendre mon mal en patience.

Hashtag secret professionnel.

(hashtag grrrrrr...)

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mardi 28 mai 2013

INTERVIEW : COMMENT CLARINS A REINVENTE SON MAQUILLAGE

Le monde est petit, je ne vous apprends rien. Et dans mon monde à moi, il y a ma grande amie Sylvie qui partage sa nounou avec la Directrice Internationale Marketing Maquillage de Clarins, Suzy Lebert Nioche. Elle nous a mises en relation et Suzy m'a gentiment accordé une interview car ayant redécouvert le makeup Clarins récemment, je trouvais qu'il avait beaucoup gagné en visibilité, en innovation, en attractivité, et je souhaitais connaître les coulisses de cette renaissance qui, si j'ai bien compris, a plutôt bien trouvé son public !


Suzy, quel a été ton parcours avant d'arriver au Maquillage chez Clarins ?

J'ai une formation en école de commerce (Prépa HEC puis ESC Nantes / Audencia) et j'ai travaillé pour différentes marques de beauté avant d'arriver chez Clarins : au soin chez Dr. Pierre Ricaud et Décleor puis au maquillage chez Helena Rubinstein et Yves Saint Laurent, notamment sur des produits qui ont connu de beaux succès comme les fonds de teint Color Clone et Perfect Touch chez Rubinstein et YSL, ou les rouges à lèvres Rouge Volupté chez YSL.

Je suis arrivée chez Clarins il y a 4 ans, d'une part attirée par une Maison familiale avec une identité forte, mais aussi et surtout pour l’incroyable et passionnant challenge qui m’était alors confié et que j'ai pris comme un véritable défi : repositionner le maquillage Clarins, révéler et faire fructifier son potentiel extraordinaire.


Comment est née la gamme de maquillage Clarins ?

Clarins est avant tout une grande marque de soin, née en 1954. Le maquillage est arrivé bien plus tard, en 1991, avec une identité très - voire trop ? - novatrice pour l'époque : un maquillage protecteur de la peau, intégrant au sein de chaque formule le complexe anti-pollution breveté Clarins. Jacques Courtin Clarins, le fondateur de Clarins, en avait eu l'idée en observant une voiture blanche grise de saleté garée devant l'un de ses instituts et s'était dit que comme le maquillage constituait le dernier film protecteur de la peau face aux agressions externes, il fallait créer une gamme de maquillage qui allait protéger la peau de la pollution. Ce qui donnait par la même occasion une vraie légitimité à la marque à se lancer dans le maquillage. Le maquillage-soin était né. 

Aujourd'hui, dans chacune de nos formules de maquillage, nous intégrons des extraits de plantes ayant de véritables propriétés non seulement anti-pollution, mais également antioxydantes, hydratantes, nutritives ou autres... Au-delà des bénéfices soin, les textures et les parfums, ainsi que les arômes des rouges lèvres, sont très travaillés pour offrir une extrême sensorialité et un plaisir à chaque application. Les formules sont testées sous contrôle dermatologique, également ophtalmologique pour les produits yeux, et sont non comédogènes en ce qui concerne nos fonds de teint.



Quelle a été l'évolution du maquillage Clarins les premières années ?

Depuis son origine, cette idée du maquillage qui prend aussi soin de la peau n'a jamais été remise en question. Elle représente l’ADN même de notre marque. En revanche, il y a eu un certain nombre d'évolutions sur l'identité graphique de la gamme, au niveau des codes packagings, de l'approche couleur, de la communication...

Les codes couleur de la marque Clarins sont le rouge, le blanc et l'or. Pour la première gamme de maquillage, en 1991, la marque a misé sur le tout blanc, pour véhiculer l’image d’une peau pure et immaculée, protégée de toute pollution. Puis rapidement une touche d’or est venu agrémenter la pureté du blanc pour apporter davantage de désirabilité. En 1996, le maquillage Clarins s’est habillé entièrement d’or. A partir de 2003, il a réintégré le rouge, couleur forte de la marque. En 2007, ce fût un tournant majeur pour la ligne qui a alors changé de format, passant du carré au rond, mais aussi pour les codes couleurs, qui ont intègré l’argent associé au rouge.

 Le maquillage Clarins en 1991.

Au niveau des campagnes de communication, entre soin et désirabilité, le curseur pour le maquillage n’est pas toujours évident à placer. Mise en avant de l’aspérité soin ou focus sur la couleur ? Mise en avant de la beauté des compactages ou focus sur les plantes composant nos formules ? De nombreuses questions où il n’y a pas de réponse tranchée. C’est ainsi que différents types de communication se sont succédés.

Ma mission a justement consisté à trouver et affirmer une identité de marque, avec une vraie personnalité, une vraie cohérence, plus de désirabilité, tout en s'inscrivant parfaitement dans l'ADN de Clarins.


Comment avez-vous construit la nouvelle identité du maquillage Clarins depuis 2009 ?

En revenant aux fondamentaux de la marque Clarins. Née de l’écoute des femmes, Clarins est une marque authentique, très proche de ses consommatrices. C’est aussi la marque leader en soin, offrant des produits innovants et efficaces, sans sur-promesse, juste des résultats et beaucoup de sensorialité. C’est fort de cette identité que nous avons pu extraire la philosophie profonde du maquillage Clarins : « Le maquillage Clarins. Vous. Encore plus belle ». Un maquillage qui révèle la beauté naturelle de chaque femme, tout en lui apportant une dimension soin propre à Clarins. La notion de désirabilité est également importante, car on achète de la couleur, on a envie de rêver.

Nous avons retravaillé le design de notre offre packaging pour être plus en phase avec notre positionnement, l'époque et également pour plaire à une clientèle plus jeune. Ils sont plus modernes, plus légers. Nous avons abandonné le rouge et l’argent pour nous réapproprier l’or jaune, devenu plus pâle. Le rouge des précédents emballages posait un véritable problème d'harmonie vis à vis de certaines teintes de rouges à lèvres ou de fards à paupières, comme le violet et le rose, nous l'avons donc utilisé de manière plus subtile, en touche à l'intérieur des capots de fond de teint, ou sous les boîtiers. 

Nous sommes revenus sur un design plus carré, notamment parce que les teintes s'harmonisent mieux dans des godets carrés ou rectangulaires. Mais les arrêtes sont arrondies pour plus de douceur et de féminité. Et nous y avons intégré une signature intemporelle, comme un "incident graphique", cette petite encoche en forme de feuille très stylisée avec un C à l’intérieur.





Pour les visuels de communication, nous misons avant tout sur un maquillage qui révèle notre philosophie, à savoir qui révèle la beauté naturelle de chaque femme plus qu’il ne la transforme : un teint parfait, car en tant que marque leader en soin c'est là où Clarins a le plus forte légitimité. Ensuite, nous prenons le parti de starifier soit les lèvres, soit le regard, pour sublimer et faire ressortir ce que la femme a en elle de plus joli. 



Et au niveau de l'offre produits ?

Le Teint a plus de place aujourd’hui sur nos linéaires, pour les raisons que je viens d'évoquer.

Nous avons aussi beaucoup travaillé sur la ligne Eclat Minute, nos "bridge products", ces produits à la frontière entre le soin et le maquillage. Ces produits constituent une ligne de produits à part entière au sein de notre maquillage, ayant pour caractéristiques d’être pratiques et rapides à utiliser, et particulièrement riche en actifs soin. Ils sont aussi très peu pigmentés donc parfaits pour celles qui ne savent pas se maquiller. Ils présentent souvent un détail pratique au niveau du packaging, comme des tubes à pompe intégrée, un stylo applicateur en silicone ou un embout mousse... Ce sont parfois des produits multi-bénéfices, comme notre Brume Fixante qui à la fois fixe le maquillage, hydrate, rafraîchit et matifie sans poudrer, ou notre nouvelle BB Cream à la fois soin et produit de teint... C'est une gamme également plus accessible en terme de prix.


Depuis 2010, en plus de la gamme permanente, nous multiplions les produits collector, des éditions limitées pour Noël et pour l'été, et nous proposons 3 thématiques look par an, qui nous permettent parfois de lancer de nouveaux produits permanents. Nous travaillons étroitement avec les Cabinets de Styles Internationaux pour trouver l’inspiration de nos thématiques de nos collections. Pour la Collection Maquillage de cet été Splendours, nous proposons par exemple une palette yeux inspirée du Peuple du Soleil, les Incas, avec une impression cadran solaire constituée de nacres or blond et or rose, mais aussi d'or mat, pour jouer avec les différents ors selon ses envies. Nous venons également de lancer une nouvelle génération de notre Lisse Minute Baume Cristal, constituée d'un cœur de pigments (rose, corail, prune, rouge mordoré) et d'un contour soin à la transparence cristal délicatement colorée (saphir, émeraude, tourmaline...).



Quelle est votre stratégie de communication sur les réseaux sociaux ?

Nous regardons (et je regarde personnellement !) tout ce qu'il se dit sur le maquillage Clarins sur les réseaux sociaux : forums de discussion, Facebook, Twitter, blogs... Nous tenons beaucoup compte de l'avis des Internautes. Nous avons pu ainsi remarquer que nos consommatrices avaient "validé" la nouvelle identité et les nouveaux produits de maquillage Clarins, mais aussi, par exemple qu'il manquait une teinte plus claire à notre BB cream, ce que nous allons corriger très prochainement, alors que ce n'était pas initialement prévu. Nous sommes très à l'écoute et accueillons la critique quand elle est constructive pour mieux coller aux besoins et aux envies des femmes !

Nous proposons beaucoup de contenu sur nos propres réseaux sociaux, notamment des vidéos pour accompagner nos clientes dans la réalisation de leur maquillage, ou des jeux sur Facebook comme celui de la Palette Colour Definition, avec des collectors à gagner, qui a beaucoup plu. Nous multiplions également les partenariats, comme avec My Little Paris. Et nous chouchoutons une communauté de blogueuses dont l'univers nous semble en adéquation avec celui de Clarins.

♦♢♦

Et vous, chères lectrices / lecteurs, vous aviez remarqué cette évolution de l'identité du maquillage Clarins ? Vous êtes séduites ? 

PS : une petite photo (de mauvaise qualité, pardon)
où l'on voit quelques-uns des différents packs depuis 1991,
les tout blancs, les tout rouges, etc etc...
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