samedi 13 novembre 2010

LA MALLETTE DU REPRÉSENTANT EN COSMÉTIQUE DES ANNÉES 60

L'autre soir, chez Embryolisse, je suis tombée sur un objet qui m'a attirée comme une crêpe l'est par le Nutella : une mallette de représentant en cosmétique, celles que les commerciaux des années 1960-70 avaient pour démarcher les pharmaciens.

Elle est pas belle, cette mallette vintage ?

(outre la piètre qualité de la photo car je l'ai prise avec mon portable-qui-fait-des-photos-pourries-oui-je-sais-j'aurais-peut-être-dû-prendre-un-Iphone-à-la-place)


Et puis quand on regarde à l'intérieur...

(certains packs sont plus récents, en fait, début des années 80)


Les échantillons, qui font bien 25-30 ml
(de l'échantillonnage de luxe, à l'époque !!)



Et voici l'évolution depuis 1950 des packs du produit star de la marque, le Lait Crème Concentré, chouchou entre autres de Jane Birkin et ses filles.



Le pack actuel :


Sinon, saviez-vous d'où vient le nom Embryolisse ?


Oui, il y a "embryon" dedans... La marque, à ses début, utilisait de l'extrait placentaire (de vache ou truie, je ne sais plus) pour son effet tenseur ("-Lisse"). Beurk... o_0. C'était très à la mode à l'époque. Et efficace ! Mais bien sûr, c'est aujourd'hui interdit, depuis l'histoire de la Vache Folle, et chez Embryolisse, le placenta a été remplacé par de l'aloe vera, ouf...

www.embryolisse.com


°°°


Petit aparté : en vrai, les blogueuses beauté s'aiment bien, la plupart du temps. Malgré qu'on soit des filles "et que les filles entre elles sont des chipies", malgré le classement Wikio, malgré la "concurrence", les quelques règlements de compte online, etc... On en parlait justement avec des blogueuses lors de cette soirée Embryolisse. Je vous invite à aller visiter leurs blogs : Pure Beauté, Une Fille Lambda, Princess Mimilie, Poc, Filles et Futiles, Corienga.

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vendredi 12 novembre 2010

PUBS BEAUTE VINTAGE : LES ÉGÉRIES CHANEL

C'est étonnant, les pubs pour les parfums Chanel ne prennent pas une ride, ou presque. En tous cas, celle de Coco avec Vanessa Paradis a déjà... 20 ans !!! Et les autres, pfiou... n'en parlons pas, je n'étais quasiment pas née.... (bon d'accord, si, mais pas bien grande).


Inès de la Fressange pour Coco

(1985)


Carole Bouquet pour Chanel n°5

(1986)


Vanessa Paradis pour Coco

(1991)


A voir aussi, celles du parfum Egoïste de Chanel ici.

Bon week-end !

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mercredi 10 novembre 2010

TOUT CE QUE VOUS AVEZ TOUJOURS VOULU SAVOIR SUR LA TOXICO DES COSMÉTOS #2

Après avoir traité de quelques « généralités » sur la toxicité des cosmétiques ici, Stéphane Pirnay, expert toxicologue indépendant au sein du cabinet Expertox, membre des groupes de travail à l'AFSSAPS et à la Commission Européenne, nous donne son avis sur la toxicité (réelle ou imaginaire) des molécules sujettes à polémique : parabènes, silicones, huiles minérales, PEG, sels d’aluminium, phenoxyethanol, SLS, toluène, formaldéhyde… Quelques surprises vous attendent !

 
LES PARABÈNES

"Les conservateurs sont toxiques par définition, puisqu’ils tuent ou limitent les micro-organismes. Mais il est absolument nécessaire de s’en servir en cosmétique, à petites doses, pour limiter les risques de contaminations bactériennes potentiellement dangereuses.

Concernant les parabènes (parabens), il n’y a pas réellement de polémique. Tous les scientifiques sont d’accord pour dire que ce sont de très bons conservateurs, sûrs d'utilisation, pour lesquels on a un recul de 50 ans.

Ils sont extrêmement réglementés par la législation actuelle : toutes les formes de parabènes ne sont pas autorisées et pour celles autorisées, leur dose maximale d'utilisation est de 0,4% pour un parabène seul et de 0,8% dans le cas d'un mélange de parabènes.

Le « sans parabène » est donc un argument marketing. Il montre la puissance du consommateur (et de certains lobbies ?) sur le fabricant.

La polémique sur les parabènes a commencé suite à la publication en 2004 des résultats d’une (seule) étude qui aurait fait état d’un lien possible entre l’utilisation de cosmétiques contenant des parabènes et la présence de parabènes dans des tumeurs du sein. Mais cette étude a été réalisée dans un certain contexte et ses résultats ne sont pas généralisables, loin de là !!! Rien n’est en réalité démontré à ce jour.

Les parabènes pourraient cependant avoir un effet oestrogénique à haute dose, c’est pour cela que leur dose est rigoureusement limitée dans les cosmétiques – sachant qu’ils sont très efficaces à très petites concentrations. Quoiqu’il en soit, ils sont beaucoup moins oestrogéniques que la pilule contraceptive, par exemple…

Par ailleurs, on parle des parabènes dans l’industrie cosmétique, n’oublions pas qu’ils sont également largement employés dans les industries pharmaceutiques et alimentaires, par voie orale voire intraveineuse. En cosmétique, la peau est une barrière naturelle à la pénétration des substances…

Le remplacement des parabènes dans un produit n’est pas anodin car ils limitent très efficacement la prolifération de germes. Il est absurde de les retirer pour mettre à la place d'autres substances, qui sont soit au moins autant toxiques (par exemple, les sorbates sont vraiment allergisant et l’alcool qui présente de nombreux effets secondaires), soit moins efficaces (avec risque de prolifération bactérienne à la clé).

Le danger dans ce cas-là est de décaler le risque : risque toxicologique quasi nul > risque biologique inquiétant."


 
LE PHENOXYETHANOL

"C’est un très bon conservateur et en ce sens son cas est un peu semblable à celui des parabènes. Il est légiféré et autorisé jusqu'à 1% dans les cosmétiques.

Il présente une certaine neurotoxicité, mais le cas ne s’est avéré que dans des conditions très particulières : par exemple, chez des ouvriers qui anesthésiaient des poissons avec du phenoxyethanol, à raison de ½ litre par jour, sans masque, ni gant. L’exposition pour une consommatrice de produits cosmétiques n’est évidemment pas la même.

On se retrouve ici dans un cas similaire à celui de l’alcool, qui est relativement inoffensif dans un produit cosmétique mais peut provoquer à forte dose des effets secondaire, par exemple des irritations ou des vertiges."


LES SILICONES

"Je suis étonné par cet engouement de vos lectrices pour cette question, parce que sur un plan toxicologique, les silicones ont toujours démontré une innocuité certaine. Je pense que cet intérêt vient du fait qu’on les retrouve dans tous types d’industries : papier, encre, plastique...

Le problème pour les silicones est plus au niveau de la pollution atmosphérique et environnementale par bioaccumulation, car ils se dégradent mal.
Ils sont par ailleurs très peu allergisants. J'ai trouvé deux cas d'allergie publiés : un chez une femme qui avait un implant mammaire siliconé et un chez un enfant atteint d’une maladie grave qui avait été intubé avec un tuyau siliconé. Rien de lié aux produits cosmétiques à ce jour.

Quant au fait que les silicones « étouffent le cheveu », sur un plan scientifique, ça ne veut rien dire. Ils interagissent avec le cheveu pour le gainer, mais ils ne l’étouffent pas. [NDLR : la fibre capillaire est de toute façon déjà morte, seul le bulbe, dans le cuir chevelu, est vivant].

Et c’est la même chose pour les silicones contenus dans les produits de maquillage et de soin."


LES PEG

"Les PEG (polyéthylènes glycols) sont des solvants qui permettent de disperser de manière homogène certains ingrédients au sein d’une formule.

Ils sont faciles à reconnaitre dans une liste d’ingrédients (INCI) : ce sont les substances avec l’abréviation PEG- suivie d’un nombre qui correspond à la longueur de leur chaine.

Les PEG sont assez anodins. On les connait depuis très longtemps et on les retrouve même dans le milieu médical. Ils sont administrés à des patients lors d’études cliniques comme « témoin négatif » [NDLR = une substance utilisée comme placebo à cause de son inaction et son innocuité totales]. Ce sont également eux qui constituent les solutions de lavements de l’estomac [NDLR : !!!]."


LES HUILES MINÉRALES  


"La paraffine (appelée également vaseline) est un dérivé pétrochimique inerte. Les contrôles de fabrication sont très poussés sur ce type d’huiles, elles sont toujours d’une grande pureté. Comme toutes les matières premières, elles font l’objet pour chaque lot d’analyses physico-chimiques et sont livrées avec une fiche de données de sécurité.

Dans ces conditions de contrôle de pureté et d’origine, les huiles minérales sont inertes pour l’organisme, mais sont toutefois mauvaises pour la planète, puisque issues du pétrole."


LES SOLVANTS DES VERNIS A ONGLES

"Dans le cas des vernis, il y a des solvants dont la toxicité notoire est avérée, et certains sont même interdits.

Il faut différencier les solvants qui font partie intégrante de la formule du vernis et ceux qui ont servi lors du procédé de fabrication puis qui ont été éliminés (présents parfois sous forme de traces dans le produit fini). A l’heure actuelle, la présence de solvants dans le procédé de fabrication est encore obligatoire pour obtenir un vernis qualitatif. Un solvant interdit par la législation cosmétique peut être toléré si le fabricant prouve qu'il ne se retrouve qu’à l'état de traces dans le vernis.

Dans tous les cas, on fait en sorte que leur utilisation soit réduite au maximum car on sait que ce sont des toxiques carcinogènes et mutagènes. Ce sont par ailleurs des composés très volatiles toxiques pour les poumons et les yeux, c’est pour cela qu’il sont autorisés sur les ongles et pas sur la peau, et qu’il y a toujours des mentions obligatoire : ne pas avaler / ne pas inhaler.

Dans la règlementation européenne, le toluène et le formaldéhyde sont autorisés sous strictes conditions, uniquement sur les ongles, pas sur la peau et les muqueuses. Le DBP (dibutyl phtalate) est totalement interdit."


LES SLS (tensioactifs sulfatés)


"Les SLS (sodium laureth sulfate ou sodium lauryl sulfate) sont des tensioactifs anioniques. On les retrouve dans les produits d’hygiène (shampooing, gel douche) et leur rôle est de nettoyer la peau et les cheveux par une action « détergente », avec un pouvoir moussant important.

Tous les composés anioniques (= chargés négativement) sont agressifs et desséchants. Ces effets sont avérés depuis longtemps. Mais le consommateur veut que ça mousse, il aime cette sensation et a l’impression que si ça ne mousse pas, ça lave mal - ce qui est faux. Les tensioactifs anioniques sont donc encore intégrés dans les produits moussants juste pour apporter du plaisir à l’usage.

Il existe d'autres tensioactifs tout aussi efficaces, moins moussants, mais mieux tolérés par la peau, les muqueuse et les cheveux : les cationiques (chargés positivement), les non ioniques (non chargés) et les amphotères (chargés à la fois positivement et négativement). Quelques exemples que vous retrouverez dans les liste INCI : ceteth, cocamido propylbetaine, lipoaminoacides, sorbitan stearate...."


LES SELS D'ALUMINIUM


"Pour les sels d’alu, la toxicité est surtout une question d’alliage (combinaison des éléments chimiques entre eux) et de taille de particules (pénétration).

Ceux autorisés en cosmétique sont règlementés et inoffensifs aux doses autorisées.
[NDLR : je vous invite à (re)lire ici un billet que j’avais écrit à ce sujet qui met hors de cause les sels d’aluminium] "

 
Cabinet EXPERTOX :
14 rue Godefroy Cavaignac
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lundi 8 novembre 2010

TOUT CE QUE VOUS AVEZ TOUJOURS VOULU SAVOIR SUR LA TOXICO DES COSMÉTOS

Comme promis, Stéphane Pirnay, expert toxicologue indépendant au sein du cabinet Expertox, membre des groupes de travail à l'AFSSAPS et à la Commission Européenne, répond aux questions que vous lui avez posées ici
On commence par une introduction sur quelques « généralités » (à lire en plusieurs fois si nécessaire ;)), et mercredi, promis, on parlera parabènes, sels d’aluminium, PEG, silicones, SLS, etc…

 
COMMENT RECONNAITRE UN PRODUIT TOXIQUE ?

On ne peut pas identifier une substance « dangereuse » et en faire une généralité. Toute substance a des propriétés toxiques, même celles qui nous semblent les plus inoffensives et il est inexact de qualifier une substance de toxique ou non toxique. C’est une question d’usage / de mésusage, de dose, de zone d’application et de population ciblée. C’est pour cela qu’il faut lire les mentions sur les produits, ce n’est pas là juste pour « faire joli ».

> Exemple :
l’ethylène glycol, dont la toxicité est clairement détaillée, est un antigel que l’on retrouve dans les produits pour laver les vitres des voitures. Il est bleu, il sent bon, il a bon goût… et les enfants peuvent le boire et l’apprécier ! Son usage est de nettoyer les vitres, son mésusage est de l’avaler. Une part importante de mon travail de toxicologue est de m’assurer que le produit incriminé ne soit pas détourné de son usage normal, notamment par un enfant [NDLR : en demandant au fabricant d’ajouter certaines mentions sur le flacon, de mettre un bouchon sécurisé, un goût amer au liquide...].

La toxicité ou non des ingrédients en cosmétique fait référence à un cas normal d'utilisation. D’une manière générale, il y aura forcément des cas de mauvaise utilisation (mésusage), volontaires ou non.


> Exemple : une lingette pour bébé est parfaitement inoffensive si elle est utilisée normalement, mais elle peut présenter une certaine toxicité si elle est avalée ou mise en contact directement avec les yeux.


COMMENT PEUT-ON PRÉVOIR LES EFFETS TOXIQUES A LONG TERME ?

On ne peut pas donner un chiffre exact, mais on a le recul suffisant à partir du moment où tous les tests obligatoires pour la mise sur le marché de la substance ont abouti. Les tests effectués dépendent des substances et sont à priori adaptés à ce que l'on cherche. Il y a 3 types de toxicités mesurées :
  • Aigüe : administration de la substance une seule fois, avec une dose unique.
  • Sub-chronique : administration de la substance pendant 2 à plusieurs jours.
  • Chronique : administration de la substance pendant plusieurs semaines à plusieurs mois.
Cependant, suite à ces tests, on aura forcément des inconnus : quelle sera la toxicité réelle de la substance sur 50 ans ? D’autant plus qu’il faut penser à la toxicité cumulative dans le temps, liée notamment aux phénomènes d’absorption via la chaine alimentaire : les substances présentes dans les produits de consommation sont rejetées dans les rivières et la mer, elles sont absorbées par les algues ou les petits poissons, qui se font manger par des plus gros, qui se font manger par des plus gros encore, etc, jusqu’au bout de la chaine : l’être humain.

L’enjeu est important non seulement en toxicologie mais également en écotoxicologie.


POURQUOI LES INDUSTRIELS CONTINUENT A UTILISER DES SUBSTANCES +/- TOXIQUES ?

Parfois, l’industriel n’a pas le choix et est obligé de se servir de substances pas totalement « inertes » pour l’organisme ou l’environnement afin d’obtenir une certaine qualité de produit fini. Par exemple, les silicones apportent des qualités sensorielles qu’il n’est pas possible aujourd’hui de retrouver avec d’autres substances qui seraient mieux biodégradables.

Le tout est de le faire à bon escient, avec parcimonie, en remplaçant ces substances par celles qui ont une toxicité intrinsèque nettement réduite dès que cela devient possible.

 

QUELLES SONT LES PROCÉDURES POUR METTRE UN PRODUIT COSMÉTIQUE SUR LE MARCHE ?

Pour mettre un produit cosmétique sur le marché, il n’y a pas d’AMM (autorisation de mise sur le marché) comme pour un médicament, et heureusement, sinon cela prendrait une dizaine d’années par produit ! Mais il y a tout de même une procédure très cadrée.

Chaque entreprise est déclarée auprès de l'AFSSAPS, l’agence en charge (entre autres) du respect des bonnes pratiques et du contrôle de toutes les entreprises pharmaceutiques et cosmétiques.

Au sein de chaque entreprise est nommé un référent expert qui doit s'assurer pour chaque produit mis sur le marché que toutes les procédures ont été mises en places afin que celui-ci soit conforme à la législation en vigueur : vérification de la légalité des ingrédients et de leurs concentrations mises en jeu, études de tolérance, tests analytiques, contrôles microbiologiques, dossier cosmétique [NDLR : sorte de « carte d’identité » assez poussée de chaque produit], déclaration des formules aux centres anti-poisons, etc…. Le tout sous contrôle d'un expert toxicologue.

 


QUELS SONT LES TESTS OBLIGATOIRES EN COSMÉTIQUE ?

La législation n’impose pas de test à proprement parler. Néanmoins, elle stipule que le metteur sur le marché doit apporter la preuve de ce que le produit annonce.

Ainsi, c’est l'expert toxicologue qui décide des tests à réaliser pour s’assurer de l’innocuité du produit cosmétique, sachant que c’est un engagement et une responsabilité forte pour lui. Dans 95% des cas, on effectue un test de tolérance cutanée* et oculaire**, et dans de rares cas, pour des produits très simples et dont l’innocuité est connue, aucun test de tolérance n’est effectué (huiles végétales ou poudre à base de mica et talc, par exemple).

Lorsque l’entreprise souhaite revendiquer certaines propriétés cosmétiques, elle doit le prouver : l’idéal étant une étude clinique, mais l’on peut également réaliser un test consommateurs, se baser sur de la bibliographie ou, de manière plus empirique, sur des utilisations traditionnelles de plantes (pharmacopées), par exemple.

 
QUID DES TESTS SUR ANIMAUX ?

Ils sont interdits par la réglementation cosmétique européenne depuis 2004 sur les produits finis et depuis 2009 sur les matières premières.

La mention "Non testé sur animaux" est donc pour les produits mis sur le marché en Europe tout simplement... illégale ! [NDLR : c'est comme si on disait "Petit pot pour bébé sans cyanure" > le cyanure est interdit dans l'alimentation ;)]


QUE PENSER DES POLÉMIQUES SUR CERTAINS INGRÉDIENTS ?


Certaines sont justifiées, d’autre non [NDLR : article à lire pour en savoir plus].

Certaines de ces polémiques sont aberrantes. Comment naissent les rumeurs ? Souvent suite à une étude scientifique. Mais même si les résultats ou la méthodologie de l’étude en question sont contredits par d’autres études (plus nombreuses) et par les Autorités de Santé, c’est trop tard, la rumeur se répand.

N’oublions pas qu’il existe en France un comité scientifique indépendant à l’AFSSAPS, qui s’implique pour examiner les risques potentiels pour chaque substance mise sur le marché, afin de déterminer sa toxicité éventuelle et légiférer son autorisation, sa limitation ou son interdiction.


Parfois, cependant, les études sont contradictoires, des doutes existent, et on ne peut pas trancher avec en l’état actuel des connaissances. Le principe de précaution, entre autres, s’impose alors.


QUE PENSER DES MENTIONS « SANS X, SANS Y… » 


Ce genre de mentions est souvent abusif. Cela ne démontre rien : on sait ce que l’on retire, mais sait-on par quoi on le remplace ?

Ces appellations sont d’ailleurs dans le collimateur de l’Autorité de Régulation Professionnelle de la Publicité (voir ici) et risquent d’être prochainement légiférées.

QUE PENSER DES REVENDICATIONS « HYPOALLERGÉNIQUE » ?

Le risque zéro allergie n’existe pas.
Un produit sera toujours susceptible de provoquer une allergie chez un individu, même si c’est 1 individu sur 1 million.

Ce que peut faire le fabricant, c’est de formuler ses produits au mieux pour éviter les allergies et de réaliser des tests probants pour s’assurer que les peaux sensibles avec un terrain allergique puissent l’utiliser avec un minimum de risque.

Néanmoins, cette mention ne devrait être réservée qu’à une population déjà sensible à tel ou tel constituant, qui souhaiterait s’affranchir de réactions allergiques. Mais elle ne devrait pas être confondue avec la garantie que le produit est formulé pour réduire les risques d’allergie, car ceci n’est-il pas l’essence-même d’une "bonne pratique de fabrication" d’un produit, qu’il soit cosmétique ou non ?


PEUT-ON PASSER AU 100% NATUREL ?
Tout d’abord, il ne faut pas faire d’amalgame « naturel = non toxique / chimique = toxique », car ce n’est pas du tout le cas. Chaque produit est différent, et son parcours lui est spécifique.

Aussi, bien sûr, ceux qui le souhaitent peuvent passer au « tout naturel », si la formule est bien tolérée, agréable, efficace et surtout bien protégée contre les risques bactériologiques.


QU’EST-CE QUE LA RÈGLEMENTATION "REACH" ?

 
REACH est un nouveau règlement de l'Union Européenne sur les substances chimiques, qui impose que toutes les substances produites ou importées à plus d’une tonne par an et par fabricant (ou importateur) fassent l’objet d’une analyse de risques poussée. Y compris pour les molécules qui circulent déjà sur le marché.

Le but : combler le déficit de connaissances des risques environnementaux et sanitaires qui peuvent résulter de la production et de l’utilisation des substances chimiques.

La règlementation cosmétique est donc concernée par REACH. Les tests exigés incluent une expertise toxicologique complète, comme pour un médicament. Tous les « tabous » sautent donc, car on est obligé de réaliser des études de toxicité humaine, animale et environnementale [NDLR : !!!]. L’avantage étant que l’on aura plus de connaissances sur la toxicité éventuelle de ces ingrédients, donc plus de « filets de sécurité ».

Une marque cosmétique ne peut ainsi pas mettre sur le marché de produits contenant au total plus d’une tonne d’un certain ingrédient si cet ingrédient n’a pas fait l’objet de toutes les batteries de tests demandés. Il y a donc un surcoût évident pour le fournisseur de la matière première, qui va se répercuter sur le coût du produit fini sur le marché.
 

Cabinet EXPERTOX 
14 rue Godefroy Cavaignac
75011 Paris
01 43 67 85 03

°o°o°o°o°

* Les plus employés :
- le patch test (on laisse poser le produit sur la peau de volontaires sous un patch pendant 24 à 48 heures pour observer s’il y a une réaction cutanée)
- le test d’usage (des volontaires appliquent le produit dans les conditions normales d’utilisation, pendant 1 mois par exemple)

** In-vitro et sur yeux de lapin, ça fait belle lurette que plus personne ne fait ça et de toutes façons, c’est interdit
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samedi 6 novembre 2010

MAIS NON, LES FILLES, VOUS N'ETES PAS SI GROSSES !

Non, les filles, vous n'êtes pas si grosses.

Vous êtes même les plus minces d'Europe ! Les plus minces du monde occidental, donc (si on y ajoute les États-Unis et le Canada). Et paradoxalement, vous êtes également celles qui sont le moins satisfaites de leur silhouette...

C'est une étude de Institut national d’études démographiques (Ined) qui l'a montré.

Avant de vous donner les résultats de l'étude, un petit topo sur l'IMC.

Vous connaissez peut-être l'IMC, indice de masse corporelle ? Il se calcule de la manière suivante : IMC = POIDS (kg) / TAILLE² (m). Pour les femmes, on considère que l’IMC est normal s’il est compris entre 20 et 25. Plus, on est en surpoids (obèse à partir de 30), moins, on est en sous-poids (médicalement parlant, surtout en-dessous de 18,5).

Et voici quelques résultats d'IMC moyens d'européennes.

IMC moyen d'une française : 23,2 (le plus faible)
IMC moyen d'une grecque : 23,4
IMC moyen d'une européenne : 24,5
IMC moyen d'une anglaise : 26,2

La France est d'ailleurs le seul pays à avoir plus de 5% de femmes en sous-poids (médicalement parlant, toujours).

Ce qui explique notre mini-IMC :
  • nos traditions culinaires, avec notamment le repas familial et peu (oui, peu) de grignotage.
  • notre objectif de poids, qui est moins élevé que celui de nos voisines : il correspond à un IMC de 19,5 contre 20,7, par exemple pour une britannique.
  • le fait que d'une manière générale, le sous-poids est probablement davantage valorisé qu’ailleurs (effet Karl Lagarfeld ?)
Nous avons donc un IMC moyen peu élevé, mais médicalement correct. "Ben tant mieux !", me direz-vous.

Oui, mais...

Les françaises se voient quand même plus grosses qu’elles ne sont et souhaiteraient être encore plus minces.

51 % d'entre elles sont insatisfaites de leur poids*. Et la moitié des femmes ayant un IMC inférieur à 18,5 ne se considèrent pas comme trop maigres, mais... de poids normal !

A l'inverse, au Portugal, en Espagne et au Royaume-Uni, les femmes pensent être en sous-poids alors qu’elles ne le sont pas réellement....

Va comprendre, Serge... Cette influence hallucinante qu'a la culture d'un pays sur la perception que l'on peut avoir de sa petite personne.....

Mon conseil ? Allez faire un tour à Londres ou à Los Angeles où les filles sont plus rondes et l'assument mieux que nous. Vous vous sentirez bien mieux dans votre peau, tout d'un coup !


* Ça me semble "peu" par rapport à la réalité
- toutes nos copines qui se plaignent de leur poids, non ???



°°°


A lire aussi : UN NOUVEAU CALCUL POUR SAVOIR SI VOUS DEVEZ VOUS METTRE AU RÉGIME

Source : Institut national d’études démographiques (Ined), Population et Sociétés, Thibaut de Saint Pol, n°455, avril 2009.

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