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mercredi 1 mai 2013

RENCONTRE AVEC GASTON, FOURNISSEUR EQUITABLE POUR THE BODY SHOP

Lorque The Body Shop m'a proposé de déjeuner avec Gaston Vizcarra, fournisseur péruvien de leur noix du Brésil", j'ai tout de suite dit ouiiii ! Vous savez à quel point je suis sensible au commerce équitable, et puis j'ai rarement l'occasion de voir un de ses acteurs "en vrai" (la dernière fois c'était des coopératives du Sud Maroc, souvenez-vous), l'occasion de savoir sans intermédiaire comment les personnes qui en bénéficient le vivent, ce que ça leur apporte au quotidien, toussa toussa.

(c'est Gaston)

Gaston, qui a un prénom français car ses parents se sont rencontrés à Paris (bah oui, j'ai posé la question ;)), est président de Candelaperu, ce qui veut dire "Comercio Alternativo de Productos No Tradicionales y Desarrollo para Latino América Perú" (commerce alternatif de produits non traditionnels et développement pour l'Amérique Latine - Pérou), une organisation dont le but est de faciliter le développement social et les activités commerciales via le developpement, la transformation et la commercialisation de produits péruviens certifiés Bio et Commerce Equitable.

La noix du Brésil n'aime pas trop l'eau ni l'altitude. C'est pourquoi on ne la trouve que dans une région forestière bien spécifique du Pérou. Dans cette région, le gouvernement accordre des concessions aux habitants qui veulent se lancer dans la récolte des noix, il suffit de le demander en précisant sur une carte l'endroit que l'on souhaite exploiter, le nombre d'arbres, le nom des exploitants des concessions voisines et quelques autre détails dont vous vous fichez un peu, avouez...


La noix du Brésil pousse au sommet d'un arbre qui fait 45 m de hauteur (je vous laisse imaginer, ça doit faire environ 15 étages mais heureusement, il suffit de se baisser pour ramasser les noix), se récolte de mai à juin et le reste de l'année, les 1000 familles qui en vivent trouvent d'autres moyens de subsister (du petit artisanat par exemple, voire rien du tout si la moisson a été bonne). La noix est forcément Bio car n'est pas cultivée, elle pousse toute seule comme une grande au milieu de la forêt amazonienne.


Candela Peru s'engage contractuellement avec les familles sur des quantités de noix, et leur avance de l'argent pour qu'il puissent financer le véhicule, l'essence et tous les frais qu'ils auront pour se rendre jusqu'à leur concession. Elle finance aussi des programmes de formation sur les bonnes pratiques de la récolte, ses dangers (la région est infesssstée de serpents), et également des sessions d'information sur les dégâts de la déforestation et l'intérêt de préserver la biodiversité - préserver notamment un petit mammifère appelé agouti qui contribue plus ou moins directement à leur business car il planque des noix pour les jours difficiles, noix qu'il finit par oublier (ce petit écervelé) et qui donnent de beaux arbres tout neufs.

 (il est pas mignon le petit agouti ?)

Les bénéfices pour la population locale ? Un meilleur niveau de vie, bien sûr, une sensibilisation à la protection de leur environnement, donc, mais aussi une sécurité sociale, de nouveaux droits pour les femmes enceintes et jeunes mères, j'en passe et des meilleures, et même si tout n'est pas encore parfait, la vie est bien meilleure depuis que la récolte des noix du Brésil est devenue un véritable business !
(équitable et bio, le business, au bon sens du terme donc)

Candela Peru est le fournisseur officiel de The Body Shop pour sa gamme... à la noix du Brésil, mais pas que - il y a de l'huile de noix du Brésil dans beaucoup d'autres produits de la marque (ce qui représente 15 tonnes d'huile soit 18 millions de noix par an). 

(ces produits sentent trèèès bon et sortent en juin, un peu de patience... :))

L'organisation s'attaque maintenant à la commercialisation (équitabe, toujours) du cupuaçu - que vous connaissez peut-être déjà car c'est un actif phare d'une des gammes de Natura Brasil et recherche de nouveaux partenaires commerciaux (avis aux professionnels qui me lisent).

Et si vous voulez en savoir plus sur la noix du Brésil, l'action de Candela Peru, et faire la connaissance de SuperNut, je vous laisse visionner cette vidéo rigolote !


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lundi 5 mars 2012

UN PEU DE MAROC, DE TERROIR ET DE SOLIDARITE

Et me revoilà de retour du Maroc, où je ne suis pas allée pour les vacances – non, non, mais pour une mission professionnelle.
C'est mon amie Bérengère, qui travaille depuis quelques années au sein de l'association franco-marocaine Migrations et Développement, qui m'a demandé d'intervenir lors d'un stage de quelques jours destiné à développer les connaissances d'intervenants dans le commerce équitable local.
Les stagiaires : des interlocuteurs marocains de coopératives de femmes de la région de l'Anti-Atlas (entre Agadir et Ouarzazate) et des françaises d'origine marocaine souhaitant commercialiser le fruit de ces coopératives en France.
Le but : (in)former et réunir les compétences & réseaux de chacun pour développer de manière la plus performante possible l'activité économique des femmes des villages de la région, ainsi que la qualité et la traçabilité de leurs produits.
Ces coopératives produisent des produits dérivés de l'argan (huiles alimentaires et cosmétiques, "Amlout", savons, crèmes hydratantes...), du safran (épice, thé et cosmétiques), du figuier de Barbarie (huile, farine, lamelles de « raquettes » qui ressemblent à peu à des cornichons – je regrette de ne pas avoir pu goûter), de la rose (eau florale, huile, shampooings...), de l'amande (huile, savons), des dattes, de l'olive (…), et également du petit artisanat.
Les produits des coopératives sont vendus au Maroc, et le seront bientôt en France sous une marque qui garantira un haut niveau de qualité (la notion de terroir est très importante pour tous les intervenants sur ce projet – je vous laisse regarder les photos ci-dessous qui montrent le niveau d'équipement et d'hygiène de certaines coopératives, sachant que certains produits sont même certifiés Bio par Ecocert (!)) et bien sûr, dans les règles du commerce équitable.
Mon intervention a consisté à faire un point sur la réglementation européenne en matière d'étiquetage alimentaire* et cosmétique, puis réfléchir avec les stagiaires à la création d'une identité visuelle de marque, à l'aide d'un graphiste bénévole d'Agadir. Puis nous sommes partis deux jours sur la route à la rencontre des coopératives que Migrations et Développement soutient – une expérience terrain très intéressante, vous imaginez bien !
Alors voilà, je voulais vous toucher un mot de cette petite escapade marocaine, car c'est le genre de mission professionnelle qui donne encore plus de sens à mon travail, et je vous encourage, une fois n'est pas coutume, chacun à votre niveau, bénévolement ou non, à en faire autant si vous en avez l'occasion, et pas forcément loin de chez vous – il y a probablement plein de choses à faire dans votre quartier !
... suite et fin en quelques photos...

LES MATIÈRES PREMIÈRES


OLIVIER


FIGUIER DE BARBARIE



ARGANIERS & NOIX D'ARGAN


AMANDIER

LES PRODUITS DÉRIVÉS

 
* Merci à Nutrikéo, agence de conseil en nutrition - santé, pour son aide sur la partie alimentaire
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