Les amis, je suis face à une problématique boulot à laquelle je ne trouve pas de solution idéale, et j’avais envie de vous en toucher un mot, avoir votre avis.
Vous savez peut-être que, parmi mes diverses missions, je suis régulièrement amenée à développer des produits cosmétiques : de l’idée à la mise sur le marché en passant par la conceptualisation, le "marketing mix", le choix des actifs et de leurs concentrations, la supervision du développement galénique (= la texture).
En ce moment, cela ne vous a pas échappé, la tendance est à la texture "whaou". On ne se contente plus d’une "simple" efficacité, on veut du plaisir à l’application. Et si en plus il y a une petite surprise à la première utilisation, c'est encore mieux (une crème qui se transforme en lotion - effet "quick breack", une huile qui s'émulsionne en lait, un masque qui bubulle d'oxygène...).
En addition (I ♥ anglicismes), vous souhaitez des textures confortables mais non grasses, veloutées mais non collantes, légères mais non desséchantes, transparentes mais adaptées aux peaux sensibles...
... Inconsciemment ou non, sous influence directe de la cosmétique asiatique, une fois n’est plus coutume.
Sauf que tout cela, ou quasiment tout cela, n'est pas possible sans silicones.
Ce qui ne semble pas poser de problème en Asie ou aux Etats-Unis, mais voilà, le Français veut la crème et l'argent de la crème, l'innovation galénique mais parfois sans ce qui la permet.
Sauf que tout cela, ou quasiment tout cela, n'est pas possible sans silicones.
Ce qui ne semble pas poser de problème en Asie ou aux Etats-Unis, mais voilà, le Français veut la crème et l'argent de la crème, l'innovation galénique mais parfois sans ce qui la permet.
Habituellement, quand il s'agit de crèmes et de sérums, je pousse mes clients à développer des produits sans silicones. Ou je les pousse pas d'ailleurs, car en général, ils préfèrent d'office qu'on n'en mette pas.
MAIS quand ils veulent développer un produit pour lequel la sensorialité est essentielle (typiquement un "cosmetic water" façon asiatique), la quête du "sans silicone" devient une aventure.
MAIS quand ils veulent développer un produit pour lequel la sensorialité est essentielle (typiquement un "cosmetic water" façon asiatique), la quête du "sans silicone" devient une aventure.
Je cherche, je cherche, je mets les labos au défi, j'appelle les fournisseurs d'ingrédients, ça prend des semaines, des mois, des années, mais ce qu'ils me proposent n'est jamais satisfaisant. Au bout d'un moment - quand ils ne me l'ont pas déjà annoncé avant même de démarrer les essais, ils me disent " - Mais Sophie, sans silicone, cette texture / cet aspect / cet effet sont impossibles à faire !" - Je le sais !! Mais "impossible n'est pas français". Et vous êtes français. Peut-être peut-on y arriver quand même ?"
Eh bien parfois non. Pas dans l'état actuel des choses.
Au fait, que leur reproche-t-on, déjà, objectivement, à ces silicones ?
(vous allez le savoir, à force ;))
(vous allez le savoir, à force ;))
- De ne pas être biodégradables rapidement : c'est tout à fait vrai, et c'est un argument recevable si vous pensez "parabole du colibri". Argument négociable en revanche si vous boycottez les silicones dans les cosmétiques et que parallèlement vous achetez des moules en silicones, des joints en silicone (...), prenez la voiture tous les jours, chauffez votre appartement à plus de 19°, mangez beaucoup de bœuf ou de Nutella. La proportion de méfaits environnementaux liés à l'utilisation de silicones dans vos tout petits produits cosmétiques est insignifiante.
- D'être inutiles d'un point de vue biologique : c'est complètement vrai. Bon, ils peuvent être utile pour former un film en surface de la peau qui empêchera l'eau de s'évaporer mais des alternatives existent. Et ils sont utiles et pas vraiment substituables à ce jour en maquillage, auquel on n'a jamais demandé de fonction biologiquement active, pour améliorer les performances produits.
- D'alourdir la fibre capillaire : oui mais uniquement s'ils sont mal formulés.
- D'être toxiques pour l'organisme : c'est faux, ceux qui sont autorisés en cosmétique en Union Européenne sont totalement inertes.
- D'empêcher les actifs de pénétrer : ?. Je n'ai jamais vu aucune étude qui le prouve et j'ai même envie de dire que l'inverse me semble possible car ils laissent un film occlusif sur la peau qui ne peut que favoriser la pénétration.
- D'aggraver l'acné : c'est probablement parfois vrai mais il me semble que les avis sont très partagés là dessus donc personnellement je ne me prononcerais pas.
Pour en revenir à ma problématique boulot.
On peut formuler des textures très agréables sans silicone et la quasi-totalité des produits de soin que je développe sont sans silicone. Parce qu'ils sont souvent inutiles, donc, et parce que certains consommateurs le demandent, tout comme ils demandent du "sans parabène".
Mais quand au bout du 50ème essai qui colle encore parce que la galénique et/ou les actifs choisis sont compliqués à formuler, ou que le produit que l'on développe doit avoir une texture aussi folle que le concept produit et que des tas de labos s'y cassent les dents depuis des tas de mois, et bien...
Eh bien, vous finissez par en mettre un petit peu dans la formule, de ces *** de silicones !!
...
ET COMME PAR HASARD, ce sont les produits sur lesquels on a les meilleurs retours texture. Les consommateurs adorent.
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ET COMME PAR HASARD, ce sont les produits sur lesquels on a les meilleurs retours texture. Les consommateurs adorent.
Donc vous en pensez quoi, vous, de tout cela ? Sans proposer des soins 100% siliconés comme certaines marque le font, en avoir un peu dans un produit qui est vraiment dingue à utiliser, ultra-efficace et qui vous fait plaisir à chaque utilisation, ça vous freine vraiment dans votre achat ou vous n'en avez rien à faire ?





