Je ne suis pas une grande spécialiste de la
règlementation cosmétique hors Union Européenne, mais j'ai lu ce matin
un article qui m'a interpelée et qu'il m'a semblé intéressant de
partager avec vous : (suite à l'exemple européen ?) un
certain nombre de pays dans lesquels les tests cosmétiques sur animaux
sont encore autorisés, voire obligatoires, ont entrepris des démarches
règlementaires pour les limiter ou les interdire.
A différents degrés d'avancement - parfois, ce ne sont que des projets de loi. Mais c'est déjà ça.
L'inde,
le Brésil, l'Australie, la Corée du Sud, la Nouvelle Zélande, les
Etats-Unis... Mais aussi la Chine, que l'on montre souvent du doigt à ce
sujet.
Pour celles et ceux qui penseraient que les tests animaux sont encore pratiqués dans l'industrie cosmétique en Europe, ce petit rappel :
- Les tests sur animaux de produits finis cosmétiques sont interdits en EU depuis 2004. La plupart des marques les avaient stoppés bien avant, par exemple le groupe L'Oréal dès 1989 (il y a 25 ans, donc). Ces tests n'étaient pas obligatoires pour une mise sur le marché, à partir du moment où l'on pouvait prouver l'innocuité des produits par d'autres méthodes (des tests sur étudiants fauchés, par exemple ;)).
- Les tests sur animaux de matières premières cosmétiques ont été interdits en 2009. Jusque là, ils étaient obligatoires (la plupart du temps, c'étaient les laboratoires spécialisés dans le développement d'ingrédients qui les testaient, pas les marques directement). Il y a eu je crois quelques dérogations sur des ingrédients un peu "touchy" jusqu'en 2013. Cependant, il faut savoir qu'il y a une autre règlementation européenne, REACH, qui impose certains tests animaux sur toutes les substances chimiques (au-delà de la cosmétique, tous secteurs confondus), donc tout cela n'est pas simple, voire complètement contradictoire, et le développement de nouveaux ingrédients en cosmétique devient compliqué...
A propos de L'Oréal qui se fait souvent tacler sur le sujet, sachez que c'est en bonne partie grâce à eux et leurs investissements dans le développement de méthodes d'analyse alternatives (notamment sur peaux reconstruites cultivées en laboratoire via leur filiale Episkin) qu'on a pu avancer aussi vite et proposer des méthodes fiables dès le début des années 2000.
Notons également qu'il n'y a pas à ce jour de méthode alternative vraiment valable pour les évaluations de la toxicité systémique des ingrédients (c'est à dire leur effet sur un organisme entier, quand ils passent la barrière cutanée) ni sur leur toxicité de type mutagénique (c'est à dire leur interaction possible avec le génome). Ceci était possible avec des sujets animaux (avec quelques réserves, les animaux n'étant pas des humains), mais avec des morceaux de peaux in-vitro, vous imaginez bien que c'est plus compliqué. Il y a d'autres façons (imparfaites) d’évaluer ce genre de toxicité, et je vous invite à (re)lire à ce sujet cet article.
Concernant la Chine (j'anticipe vos questions, ce n'est pas la première fois que j'aborde le thème ;)), contrairement à ce qu'il se dit beaucoup sur les réseaux sociaux, les marques ne sont pas obligées de tester leurs produits sur animaux avant de pénétrer le marché chinois. Les choses se passent différemment : la Chine impose une liste d'ingrédients autorisés (... qu'elle a elle-même testés sur animaux de son côté, mais ça personne ne peut l'empêcher - elle teste tous les ingrédients, d'ailleurs), et si une formule cosmétique contient un ingrédient non listé, elle n'est pas autorisée. Comme les autorités chinoises ont 2-3 ans de retard sur les innovations ingrédients, les marques sont parfois limitées pour lancer sur ce marché des nouveautés, mais pas toujours.
Concernant les labels One Voice, Cruelty Free et compagnie, ils ne valent pas grand-chose (en tout cas pour les produits mis sur le marché en EU) dans la mesure où ils sont payants et que quoiqu'il en soit la plupart des marques qui ne testent pas leurs produits sur animaux (= toutes pour les produits vendus sur le sol européen) n'y adhèrent pas. Par ailleurs, vous trouverez forcément dans les formules de ces marques "labellisées" des ingrédients testés sur animaux un jour quelque part...
Voilà pour cette petite mise à jour de la règlementation cosmétique sur les animaux. Ca bouge et c'est tant mieux !
A lire ou relire également :
PS : les photos n'ont rien à voir avec le sujet de l'article,
c'est juste que j'aime les bébés pandas, pas vous ? :)













