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vendredi 10 mars 2017

LE POINT SUR LES 11 SUBSTANCES COSMÉTIQUES MISES EN CAUSE PAR "QUE CHOISIR"

Je n'avais pas prévu d'aborder à nouveau le sujet car il n'y a rien de très nouveau par rapport à leur dernière enquête de l'année dernière et ma réponse "Doit-on avoir peur des cosmétiques ?", mais la journaliste Elodie Bousquet du magazine Marie-Claire vient de m'interroger à ce sujet et je trouve son article bien foutu, pédagogique, factuel et tout à fait respectueux de ce que j'ai dit sur ce sujet assez touchy, donc je vous invite à le lire en cliquant  


Nous y faisons ensemble un point toxicologique et réglementaire sur chacune des 11 substances dénoncées par Que Choisir (car il s'agit vraiment de ça : il ont même fait un formulaire online de dénonciation de produits cosmétiques qui contiendraient tel ou tel ingrédient). De manière scientifique, posée, et non émotionnelle. Ni 100%-pro-cosmétique façon lobbyistes de la profession, ni 100%-anti-cosmétiques-industriels façon on tente de nous empoisonner pour faire plus de profit. Rien que des faits.

Les ingrédients en question :

PHENOXYETHANOL, PARABENES (BUTYLPARABEN, PROPYLPARABEN, SODIUM BUTYLPARABEN, POTASSIUM BUTYLPARABEN, SODIUM PROPYLPARABEN, POTASSIUM PROPYLPARABEN), METHYLISOTHIAZOLINONE, METHYLCHLOROISOTHIAZOLINONE, TRICLOSAN, BHA, BHT, CYCLOMETHICONE, CYCLOTETRASILOXANE, CYCLOPENTASILOXANE, BENZOPHENONE, ETHYLHEXYL METHOXYCINNAMATE, PHENYLENEDIAMINE, SODIUM LAURYL SULFATE, AMMONIUM LAURYL SULFATE.

Pour chacune de ces substances, vous saurez :
  • A quoi elle (conservateur, filtre solaire, tensioactif...).
  • Dans quels types de produits on la retrouve.
  • Si elle est très ou peu présente dans les cosmétiques actuels.
  • Ce qu'on lui reproche (à tort ou à raison) : allergisante, irritante, perturbateur endocrinien / "cancérigène", mauvaise biodégradabilité...
  • Ce que valent ces reproches : ont-il été validés par la communauté scientifique, les toxicologues et les autorités de santé (dans l'enquête Que Choisir : des vérités, mais aussi des approximations, confusions ou erreurs dues à des références à des études non recevables scientifiquement parlant)
  • Quelles alternatives peut-on trouver aux produits qui contiennent ces substances, et même quand elles ont été officiellement "blanchies" si vous préférez tout de même les éviter.
Je ne reviendrai pas sur le "marketing de la peur" sur lequel Que Choisir, tout comme 60 Millions de Consommateurs, surfe régulièrement (surtout sur les cosmétiques - comme par hasard, à chaque fois leurs numéros sont sold out très rapidement et font beaucoup de buzz sur les réseaux sociaux - attendez-vous du coup à les voir revenir chaque année tels des "marronniers" comme on dit dans la presse). Je vous invite plutôt à relire ici l'article que j'avais rédigé l'année dernière à ce sujet.

Je précise que je suis absolument POUR la liberté d'expression et la défense des consommateurs, vraiment, et bien contente que ce genre d'associations existent car elles font souvent bouger les choses dans le bon sens (y compris en cosmétique). Je regrette juste que quasi-systématiquement, leurs dernières "enquêtes" soient si approximatives et au final orientent si mal les consommateurs qu'ils sont censés informer.

Pour analyser des études toxicologiques, il faut être toxicologue. Moi-même, biologiste BAC+5 spécialisée en cosmétologie avec plus de 15 ans d''expérience, je ne saurais pas toujours en tirer les bonnes conclusions. Chacun son métier ! 

A noter également : Que Choisir et 60M de Consommateurs mènent aussi parfois des études d'efficacité approximatives sur les produits cosmétiques (par exemple quand ils ont réalisé des mesure de protection solaire in vitro il y a quelques mois parce que c'est moins cher que les études sur de vrais sujets, mais que bien sûr c'est aussi moins fiable et que tout cela a abouti à des erreurs d'appréciation du SPF).

Et la plupart du temps, probablement, ils font les choses très correctement...

Zut, j'ai déjà écrit tout ça ? Moi qui ne voulais que relayer l'article de Marie-Claire !! ;)

(n’hésitez pas à partager l'article de Marie-Claire... et faites attention à la circulation routière, vous avez infiniment plus de chances de mourir d'un accident de voiture au prochain carrefour que de l’application quotidienne de votre crème de jour)



Bon et puis rien à voir, mais si vous avez raté cette vidéo qui circule aujourd'hui, 
regardez-la, jusqu'au bout, elle est terrible !!

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jeudi 25 février 2016

DOIT-ON AVOIR PEUR DES COSMETIQUES ?

Petit article rapide suite à la dernière enquête de Que Choisir sur la toxicité des cosmétiques. Je ne voulais pas rebondir dessus car j'ai déjà abordé le sujet qui revient régulièrement et finit par m'ennuyer profondément et je n'ai pas grand chose à ajouter, mais j'ai dû y répondre ce matin dans un cadre professionnel, du coup je suis en plein dedans, autant vous en (re)toucher un mot ici aussi, pour celles et ceux qui seraient précédemment passés à côté.

Tout d'abord je voudrais vous dire ceci :


J'ajouterais : "anyway...".

Et aussi : "but not from cosmetics, don't worry."

L'étude de Que Choisir est intéressante pour le grand public qui ignorerait encore que certaines molécules, dans toutes les industries, peuvent avoir des effets secondaires à long terme. Elle est en grande partie basée sur des vérités scientifiques et épidémiologiques qu'il est bon parfois de rappeler, et si elle peut pousser certains industriels à faire plus attention à leurs formules, tant mieux

EN REVANCHE.

Elle n'est aucunement étonnante, elle m'a fait bailler, vraiment rien de nouveau sous le soleil.

Et surtout : elle est hyper anxiogène, avec certains éléments approximatifs, non prouvés ou confusants, et a une forme plutôt "à charge", ce qui est bien dommage car elle fait beaucoup de tort à une industrie qui n'en mérite pas tant et qui est quand même - on ne le sait pas toujours - l'une des plus réglementée et des plus transparentes. Bien plus que l'industrie alimentaire, par exemple.

La réglementation cosmétique évolue par ailleurs très régulièrement avec les avancées de la Recherche. Et il n'y a jamais eu de scandale sanitaire grave lié à un produit cosmétique (pas de vache folle, de dioxine, de cheval caché, de sang contaminé...).

N'oublions pas non plus que tous les produits cités dans l'étude respectent la loi, et aucun industriel (= être humain doué d'un cerveau et d'un cœur) n'a réellement envie d’empoisonner ses consommateurs à petit feu pour faire plus de profit comme on essaye parfois de nous le faire croire. 

En réalité, la Profession, même si elle n'est pas parfaite, s'auto-régule plutôt très bien. 

Par exemple, concernant les allégations mensongères (un classique reproché à l'industrie cosmétique), un rapport indépendant de l'ARPP (bureau de vérification de la publicité) montre qu'on est de très bons élèves en France : 98.7% de conformité en 2015 ! Cela vous étonnera peut-être - comme ça m'a aussi beaucoup étonnée (!!!), moi qui suis la première agacée par les sur-promesses. Je précise que les publicités étudiées étaient quand même toutes issues de la presse papier, que donc seules les marques avec un minimum de succès commercial ont les budgets pour se payer de telles pages et un bon service réglementaire, et je sais que les manquements aux règles des allégations se font plus souvent chez les tout petits non visés par cette étude, pas par volonté de tromper mais par manque de connaissance et de moyens.

Autre exemple d'auto-régulation : avant même que la loi n'impose quoique ce soit, la plupart des marques ont décidé par elles-même, sur conseil de la FEBEA dès 2013, de supprimer de leurs formules le conservateur MIT suite à des intolérances chez certains enfants (eczéma notamment). Après, ça prend un peu de temps à substituer si on veut le faire sérieusement, c'est pour cela que vous trouvez encore de nombreux produits cosmétiques avec MIT sur le marché. Oui, parce que après avoir remplacé les parabènes à chaîne courte dont la toxicité n'a jamais été avérée par le MIT qui s'est montré d'une innocuité discutable, par quoi remplacer le MIT ? Vaste question... Pas facile. ll n'y a pas de conservateurs idéaux, y compris et peut-être plus encore dans le Bio. Les conserveurs sont faits pour tuer ou limiter la prolifération de germes pathogènes, donc jamais totalement inoffensifs. Mais ils sont indispensables pour une bonne conservation et une bonne innocuité des produits.

Je voudrais aussi revenir sur une confusion qui est souvent faite, au sujet des allergies. Dans l'étude de Que Choisir, ils mélangent un peu molécules potentiellement allergisantes (= pour une infime part de la population, inoffensives pour tous les autres : nickel, blé, arachides, fruits de mer...) et molécules vraiment toxiques (pour tout le monde : nicotine, acide sulfurique...). Est-ce qu'on va arrêter la commercialisation de fraises ou de cacahuètes parce que quelques personnes y sont allergiques ? Non bien sûr. Allergique ne veut pas dire toxique. Donc pour les 26 "allergènes" listés par la réglementation et quelques autres, c'est pareil. D'autant plus que la plupart proviennent d'extraits de plantes largement utilisées, notamment dans les parfums (rose, agrumes...). Ce ne sont pas des "substances indésirables", "à éviter" comme l'annonce Que Choisir. Ils sont juste plus allergisants que d'autres molécules. Les personnes qui y sont allergiques doivent arrêter de les utiliser, et c'est notamment pour cela qu'il y a une liste d'ingrédients obligatoire sur les emballages.

Concernant le sodium lauryl sulfate (SLS) classé comme irritant : c'est vrai, en termes toxicologiques purs, mais ça dépend de sa dose, des associations avec d'autres tensioactifs, du reste de la formule, du mode d'application (âge, zone du corps, rincé ou non...). Un produit avec SLS est parfois un peu décapant (un peu, pas "méga-irritant") mais peut aussi être très doux. Or comment est interprété "irritant" par le grand public ? "Irritant" comme de l'acide chlorhydrique ? Est-ce que l'un d'entre vous a déjà eu le cuir chevelu brûlé par un shampooing avec SLS ?

Je pourrais encore en écrire encore des tonnes, mais comme j'avais promis un "petit article rapide" (mouhahaha) et qu'on a déjà abordé le sujet ici à plusieurs reprises, je vais m'arrêter là et vous inviter à (re)lire, si ça vous intéresse, les articles déjà publiés sur (dé)maquillages.

Interview en 2 parties d'un toxicologue indépendant :

Petite précision pour celles et ceux qui arriveraient ici sans me connaître, et qui pourraient penser que je suis vendue au Grand Capital de la Beauté :) : mon avis est celui d'une professionnelle, biologiste spécialisée en cosmétologie, en contact avec des toxicologues et chercheurs depuis plus de 15 ans, et qui prône une cosmétique sûre avec, dans la mesure du possible, le plus d'ingrédients naturels possible, même si je n'ai rien ou pas grand-chose contre les produits de synthèse quand ils sont utilisés à bon escient

Par exemple, ce n'est pas moi qui vous inciterai à appliquer quotidiennement en hiver une crème avec des filtres chimiques SPF30 à cause justement de leur effet œstrogénique potentiel, et surtout de l'effet cumulatif avec d'autres molécules - indépendamment de la cosmétique - pouvant également agir comme perturbateurs hormonaux. Je vous inviterai à le faire en revanche en cas d'exposition solaire entre disons avril et octobre (terrasse, plage, montage...), en privilégiant les filtres minéraux qui eux sont biologiquement inertes. Je vous expliquerai que si vous appliquez de temps en temps des filtres chimiques, comme je le fais moi-même l'été, ce n'est quand même pas bien grave, le plus important c'est de vous protéger des méfaits du soleil. Vous ne mourrez pas pas de l'application de benzophénone. Certaines molécules que vous ingérez (alimentation - pesticides etc, pharmacie) ou inhalez (produits détergeant, pollutions diverses...) sont bien pires que celles que vous appliquez sur la peau, peau qui par ailleurs est une barrière naturelle, certes imparfaite, mais barrière quand même contre les éléments étranger. 

Je finirai par une dernière remarque au sujet de cet article de Que Choisir : comme par hasard, en octobre dernier, 60 millions de Consommateurs faisait exactement le même genre de papier. Ça a énormément buzzé, tout le monde en a parlé, les magazines se sont vendus comme des petits pains. C'est très bon pour le business. Bisous.

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mardi 13 octobre 2015

REHABILITONS LES "PARABÈNES" !!!

Petit titre provocateur pour vous parler non pas de réhabilitation des parabènes en tant que conservateurs (ceci dit, vous connaissez mon avis sur le sujet : pour le bien de l'humanité je suis objectivement POUR les parabènes, en tous cas pour ceux à chaîne courte, et je n'ai rien contre ceux à chaîne longue récemment suspendus de la réglementation tant qu'on ne m'a pas prouvé qu'ils sont vraiment néfastes), non, ce n'est pas le sujet aujourd'hui, là je veux parler de la réhabilitation de l'orthographe "parabène".

Parce qu'on vit en France, zut, et pourquoi utiliser un mot anglais alors qu'on en a un bien de chez nous ?

Stop aux "sans paraben", pleaaaaase ! 
(oups j'ai moi-même dérapé en anglais, je vais perdre en crédibilité, là)


S'il vous plaît, les rédacteurs de textes de publicité ou packagings cosmétiques, écrivez "SANS PARABÈNE". Pensez à Jacques Toubon qui doit se retourner dans sa tombe. A Maître Capello qui risque une crise cardiaque à chaque visionnage de réclame à caractère cosmétique.

(vous savez quoi ? N'écrivez même pas "sans parabène", ce n'est plus un argument de vente pertinent aujourd'hui car plus personne n'en utilise - d'ailleurs les excès de "sans" en cosmétique sont déloyaux et indésirables selon le bureau de vérification de la publicité ARPP - remember)

Bon. Soyons précis, et mettons-nous à la page 2015 : quand j'ai râlé à ce sujet sur les Internets ce matin (j'ai demandé à l'assemblée s'ils écrivaient "cream de jour" comme ils écrivaient "sans paraben"), ma voisine correctrice dans une grande maison d'édition m'a dit "Tu sais, So, je suis d'accord avec toi sur le principe mais le Petit Robert accepte quand même les deux". Ce à quoi une autre lectrice a ajouté "Le Larousse aussi".


AAAAARGH. Ils ont donc cédé à la généralisation de l'usage incorrect du mot paraben !!!

(je me retourne dans ma propre future tombe)

Sérieusement. Vous, les journalistes beauté, blogueuses et marketeux qui me lisent (je sais que vous êtes là, de l'autre côté de l'écran), faites un effort, pensez à notre Grande Nation, écrivez P-A-R-A-B-È-N-E. 

Je vous remercie d'avance.

(... notez que "parabéns" en portugais veut dire "félicitations" : hasard ou coïncidence ??)

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mercredi 25 septembre 2013

POURQUOI JE ME SUIS MISE AUX DENTIFRICES "NATURELS"

Je ne sais pas pour vous, mais moi je m'inquiète plus de ce que j'avale que de ce que je me mets sur la peau. Je ne suis pas non plus une flippée de la malbouffe, mais les produits chimiques alimentaires, les conservateurs, les colorants, les pesticides (...) qui s'incrustent directement au plus profond de moi-même, je préfère éviter, tant qu'à faire (... bon, ok, en théorie, parce qu'en réalité je suis assez faible par rapport à la bouffe ;), mais je fais de plus en plus d'efforts au fil des années).

Il y a quelques mois, j'ai pris connaissance d'une étude de Que Choisir sur les "perturbateurs endocriniens", c'est à dire des molécules qui vont +/- agir comme des hormones car elles ont par exemple une structure chimique analogue aux oestrogènes. Je vous laisse lire si vous le souhaitez un résumé de l'article ici

Quelques exemples de substances contenues dans les produits alimentaires et/ou d'hygiène/beauté suspectées ou avérées être des perturbateurs endocriniens : le triclosan, les filtres solaires chimiques, les parabènes, les isoflavones de soja, les traces de pesticides...

Ce que je retiens de cette étude avec mon interprétation personnelle non alarmiste (ce n'est pas mon genre de faire flipper le monde pour des choses qui n'en valent pas la peine), c'est que si les perturbateurs endocriniens sont à peu près inoffensifs indépendamment les uns des autres, c'est l'effet de leur accumulation qui peut avoir des effets vaguement (voire clairement ?) néfastes pour celles et ceux qui auraient par ailleurs une sensibilité particulière à ces molécules, par exemple des risques de cancer du sein - dans ce cas, le cancer pourrait apparaître un peu plus rapidement. Je ne dis pas que ces "perturbateurs endocriniens" provoquent des cancers comme je le lis souvent à droite et à gauche, ne me faites pas dire ce que je n'ai pas dit, je dis juste que dans certains cas très précis, mieux vaut éviter d'en consommer trop, par principe de précaution.

Après, je fais une différence entre ceux que l'on applique sur la peau (qui est une barrière naturelle importante, même si elle est imparfaite) et ceux que l'on avale. C'est pourquoi, vous le savez, je n'ai rien contre les parabènes dans les cosmétiques à partir du moment où ils sont utilisés à doses limitées comme le prévoit la législation, d'autant plus qu'aujourd'hui il n'existe de toutes façons pas vraiment de meilleure alternative pour conserver les produits de beauté (je ne reviendrais pas sur la polémique ici, on en a déjà parlé, par exemple). J'ai plus de mal avec les filtres solaires chimiques, par contre, parce qu'ils sont intégrés à fort pourcentage dans les formules (souvent au moins 15% voire beaucoup plus pour des SFP30 à 50, versus 0,8% maximum autorisés par la législation européenne pour les parabènes cumulés), c'est pourquoi, vous le savez aussi, je déconseille l'utilisation de protections solaires tout au long de l'année et je conseille les indices 20 plutôt que les indices 50, sauf dans de rares cas type "allergies" au soleil (là non plus on ne reviendra pas plus sur le sujet, on en a déjà parlé ici).

Quant aux parabènes que l'on mange, via des plats cuisinées (E214 à E219), c'est une autre histoire. Ça me gène plus. Peut-être en partie parce que je ne maîtrise pas aussi bien le sujet qu'en cosmétique (l'intolérance et le rejet sont souvent liés à un manque de connaissance - même principe pour le racisme ou l'homophobie) (elle est pas top mon analogie ? ;)), et surtout parce qu'il n'y a pas la barrière de la peau (quid des concentrations autorisées, de l'accumulation dans le système digestif, du passage dans le sang... ? Je n'en sais rien). Bon, je précise au passage que les parabènes ont un effet 10 000 fois moins oestrogénique que la pilule contraceptive, il faut donc proportions garder, et encore une fois l'objet de ce post n'est pas d'être alarmiste, c'est plutôt de vous faire réfléchir, et de lancer la discussion avec vous (avis bienvenus en commentaires). Sinon j'ai encore plus de mal avec le triclosan, susceptible notamment de se transformer en chloroforme en contact avec l'eau chlorée du robinet (c'est Wikipedia qui m'a dit ça, je n'ai pas vérifié auprès de scientifiques compétents), et ça, ça me fait limite flipper.

Que Choisir m'a appris que les dentifrices contiennent de fortes doses de triclosan (qui a un rôle antibactérien et antifongique, lutte contre les vilaines bactéries bucco-dentaires, toussa, bref, c'est un conservateur / antiseptique). Les dentifrices contiennent probablement d'autres molécules assez bof niveau toxico, enfin je n'en sais rien (?), même s'ils font partie de la catégorie "hygiène-beauté", donc de mon domaine professionnel, je n'ai jamais bossé dessus spécifiquement, je suis donc aussi incompétente que la plupart d'entre vous à ce sujet.

(ça me fait marrer de vous dire pour une fois "je n'en sais rien" ;))

Personnellement, je n'ai pas dans ma famille de cas de cancer ou autre maladies pouvant être accélérée par des perturbateurs endocriniens, donc à priori je ne me sens pas concernée. Mais quand même. Avaler du triclosan à dose significative dans les dentifrices, je préfère éviter, même si je suis lucide et je sais que ça ne changera pas grand-chose en réalité versus toutes les molécules bien plus toxiques auxquelles on est exposé quotidiennement. Une goutte d'eau dans l'océan, mais quand la goutte d'eau est facile à enlever (contrairement aux parabènes ;)), autant le faire.

Du coup, je me suis tournée récemment vers les dentifrices "naturels" ou bio.


J'ai d'abord essayé la Pâte de Dentifrice Saline de Weleda, que j'avais achetée dans la boutique d'un de leurs "jardins" lors du voyage de presse organisé par la marque en juin dernier. Sincèrement... je n'en rachèterai pas. Je ne mets pas en doute son efficacité, mais le goût - une sorte de non-goût salé vaguement mentholé, ce n'est pas possible. En plus il ne mousse pas, et oui, je sais, ce n'est pas parce que ça ne mousse pas que ça ne nettoie pas, mais non, je n'aime pas. Ce qui ne veut pas dire qu'il ne vous plaira pas, à vous, donc je vous le conseille quoiqu'il en soit (essayez, au moins, c'est étonnant).

Ensuite, j'ai testé le Dentifrice à la Propolis de Fleurance Nature. Ne me demandez pas où l'on trouve cette marque, je n'en sais rien, on me l'a donné. Mais il faudra que je me renseigne à ce sujet car sincèrement, il est vraiment bien. Pas désagréable en bouche (j'ai l'impression de parler de bon vins :)), suffisamment moussant, il laisse les dents nettes. Adopté. Finis les Colgate, Signal et compagnie.

Et sinon, petite anecdote dont je n'avais pas prévu de vous parler mais qui tombe à pic : la semaine dernière, j'ai croisé Sonia des Chroniques de Sonia sur le salon Beyond Beauty. Elle me dit "Mais whaou, Sophie, tes dents !! Elles sont tellement blanches qu'elles me piquent les yeux !! Tu as fait un blanchiment ?". Euh, non. "Mais siiii, tu as fait quelque chose !!". Baaaaah, pas les dentifrices naturels, car je venais juste de commencer à les utiliser. Donc ça doit être un des effets de la brosse à dents à ultrasons Emmi-Dents que j'utilise depuis 18 mois. En rentrant chez moi, j'ai regardé mes dents dans le miroir : je ne dirais pas qu'elles sont nettement plus blanches (elles le sont déjà par nature, lucky me), par contre, oui, elles sont, comment dire, "plus nettes". Comme si avant je les regardais avec un oeil myope et que là je les voyais avec des lunettes. Je ne m'en étais pas rendu compte car l'effet a été hyper progressif, probablement assez lent. Ça me donne une raison de plus de continuer à utiliser Emmi-Dent, et si cette brosse vous intéresse, sachez qu'elle n'est pas très distribuée en France, mais vous pouvez la trouver sur mon espace TheTops depuis 1 an - c'est l'un des premiers produits que j'avais tenu à recommander !
.
Et vous, alors, vous êtes des flippés de ce que vous mangez ? Qu'essayez-vous d'éviter en particulier ? Et les dentifrices naturels, vous avez essayé, vous en avez à recommander qui soient plus faciles à trouver que celui de Fleurance Nature ?

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lundi 14 janvier 2013

CHER LUSH

Cher Lush,

Cela fait longtemps que l'on se connaît toi et moi, depuis ce jour à Covent Garden où je t'ai découvert, ébahie, il y a bien... whaou, 15 ans. Je crois qu'on se connaît suffisamment maintenant pour que je te parle sincèrement. Sincèrement de mon rapport "schizophrénique" avec toi.

Tu es unique. Tu as un positionnement terriblement puissant, et, plus fort encore, tu l'avais déjà il y a 15 ou 20 ans, bien avant toutes ces marques alternatives qui inondent aujourd'hui le marché. Un vrai pionnier. Qui ose là où tous les autres sont si frileux.

Les cosmétiques "frais", à la coupe, l'indication des prénoms des personnes qui ont conditionné chaque produit, le journal joyeux et impertinent mettant en scène ses salariés bien avant l'arrivée des réseaux sociaux, les noms rigolos, les galéniques originales comme le shampooing solide... Plus récemment des idées fun, comme le savon requin, le savon pâte à modeler ou ta dernière collec' de maquillage. Ou comme les furoshikis à la japonaise. Et ce spa que tu viens d’ouvrir à Paris, qui n’a l’air tellement pas comme les autres (faut vraiment que j’y fasse un tour). Je passerai rapidement sur la "baguette magique pour la vaisselle" que tu suggérais comme cadeau pour la Fête des Mères - ça m'a fait moins rire, nous dirons que c'était une maladresse, le produit en lui-même étant plutôt sympa, comme d'hab.

Lush, aujourd'hui, je ne suis plus dans ta cible. Mes amies non plus. On est trop vieilles. Mais je n'oublierais pas avoir frénétiquement acheté moult de tes produits pour en faire des cadeaux (regrettant systématiquement le montant total à la fin, oui, j'avais un budget d'étudiante...), j'y prenais tellement de plaisir... Et je continue à penser que tu es toujours une marque très sympa, une marque qui ose, une marque comme je les aime.


Cher Lush, il y a un "mais", tu t'en doutes, tu l’attendais.

Mais pourquoi te lances-tu dans des campagnes de communication aussi agressives ? Aussi anxiogènes ? Aussi à côté de la plaque de la cosmétique ??

Pourquoi cette campagne contre le foie gras… ici, en France, le Pays du Foie Gras ??? Tu ne sais pas que ta cause sera perdue d’avance ? Si, tu le sais, alors pourquoi ? Et quel rapport avec tes produits de beauté ?

Pourquoi cette campagne contre les tests sur animaux… En Europe ??? Alors que tu le sais, les tests animaux sur produits finis sont interdits ici depuis 9 ans (2004) et ceux sur matières premières depuis 4 ans (à quelques rares exceptions près pour des actifs potentiellement cancérigènes, et encore heureux - EDIT : ça y est, tests animaux sur MP totalement interdits en EU depuis le 11 mars 2013, plus aucune exception ne sera autorisée)*.

Pourquoi cet évènement publicitaire (j’insiste sur "publicitaire", tu ne fais pas ça gratuitement, bien sûr) où une comédienne "joue le rôle" de l’animal maltraité : pose d’électrodes sur le crâne et simulation de décharges électriques, gavage avec une substance beigeasse la bouche violemment écartelée, épilation anarchique des sourcils à la pince, application de crème dépilatoire, faux sang, fausses larmes, vraie-fausse douleur (j’espère que la comédienne a été bien payée), j’en passe et des meilleures, le tout sous-entendant que les tests animaux sont forcément cruels (alors qu’ils sont très réglementés), menés par des savants fous plus méchants que les méchants des films pour enfants et/ou appâtés par le gain (quel gain ?) ?? Une démo tellement agaçante de désinformation et d’exagération de la réalité, tellement anxiogène, que je n’ai même pas envie de la linker, mes lecteurs la trouveront facilement sur le Net s'ils le souhaitent.

OK, Lush, tu évoques peut-être aussi dans ce happening les tests animaux dans d’autres secteurs que la cosmétique, mais tu vends des produits de beauté donc sais bien que les passants vont faire l’amalgame. OK, les tests animaux sont encore autorisés dans certaines régions du monde et les dénoncer est une très bonne chose (je suis bien sûr contre quand ce n’est pas nécessaire et pour le bien-être animal et la réglementation stricte de ces pratiques), mais pas ici en Union Européenne où le débat n’a plus lieu d’être ! Vas en parler aux Etats-Unis, vas en Chine. Et pas avec ce genre d’évènements agressifs et trompeurs, s’il te plaît, avec de vrais arguments, une véritable pédagogie.

Et tu sais quoi ? Si ce type de campagnes (je pense également aux actions musclées de Greenpeace ou de José Bové) marche plutôt pas mal chez les anglosaxons, en France, ça a tendance à nous refroidir, nous, latins, héritiers du Siècle des Lumières, de la Révolution Française, de Mai 68…, nous qui avons appris à avoir un véritable esprit critique (parfois presque trop), notamment quand on nous assène des "vérités" de cette manière-là. Je suis sûre que cette agressivité dans la forme du message peut être contre-productive et nous éloigner de toi, plus que l'inverse. A part pour quelques activistes réceptifs... mais sont-ils vraiment dans votre cible ?

Cher Lush, tu as bien compris : je ne dis pas que tu ne peux pas prendre d'engagements forts, au contraire, je dis juste qu'il faudrait vraiment que tu repenses à la forme de ta communication sur ces sujets touchy. Je ne compte plus le nombre de mes proches (et de blogueuses) qui m'ont dit être agacés par les méthodes Lush et ne veulent du coup plus en entendre parler.

Cher Lush, une dernière chose avant de terminer : comment veux-tu être crédible sur ce que tu dénonces ou affiches quand tu dissimules à ce point que tes produits sont bourrés de parabènes** ? La réglementation cosmétique européenne impose la "dénomination INCI" des ingrédients, tu le sais, tu l’appliques sur tous tes ingrédients sauf sur les parabènes, que tu nommes comme par hasard de leur petit nom chimique. "Parahydroxybenzoate de methyl", c’est du "methylparaben" en dénomination INCI (un exemple au hasard de produit Lush en contenant ici). Il y a des parabènes dans 29% de tes formules, tu le dis toi-même en précisant que tu n'as rien contre certains parabènes et en dénonçant les méthodes des lobbies anti-parabènes (entre parenthèses, c'est un peu l'hôpital qui se fout de la charité), alors assume !! Enfin, "assume" mais surtout mets-toi en conformité avec la législation...

Cher Lush, je t’adore comme on adore un frère ou une sœur quand on est ado : parfois, j’ai envie de te rentrer dans le lard. Voilà, c’est fait et promis, les prochaines fois que je parlerai de toi, je n’arborderai plus les sujets qui fâchent. Mais il fallait que je le fasse une fois, ça me démangeait depuis trop longtemps.

A très bientôt pour de nouvelles jolie surprises comme tu sais si bien le faire,

So.

* Je ne souhaite pas revenir sur le débat animaux car là n’est pas pas le sujet principal aujourd’hui, si vous vous posez des questions sur le sujet, allez lire ce billet et les commentaires hyper-intéressants qui le suivent, merci bien M’Sieurs Dames. 
** Je précise que je n'ai personnellement rien contre les parabènes, au contraire : cf. par exemple ici en milieu d'article et en début d'article.

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lundi 23 janvier 2012

MARRE DE L'ANXIOGENISME ANTI- COSMETIQUE


J'ai lu sur DocNews* un article qui m'a TROP énervée. Au sujet d'une campagne de communication anti-cosmétiques hyper anxiogène, faussement informative, avec des raccourcis totalement bidons.

Ce n'est pas la première fois que l'on voit ce genre de campagne écologique approximative et agressive chez nos amis nord-américains : il y a eu par exemple le film "The Story of Cosmetics", qui ne disait pas que des bêtises, mais beaucoup quand même - et que les non initiés ont cru les yeux fermés. Tout cela parce que la cosmétique est considérée comme "futile" par certains écologistes régressistes et que d'autres veulent vendre leur came "naturo-safe" en surfant sur la peur des gens.

Je vous laisse lire ici cet article, regarder cette vidéo d'une association canadienne qui dit en gros qu'il n'existe pas de cosmétiques sans produits toxiques ("Tous les cosmétiques contiennent des substances chimiques qui provoquent le cancer" (!!!), ou, à la femme qui met du rouge à lèvres : "Vous êtes en train de vous empoisonner" (!!!)) - par extension : on va tous mourir jeunes dans d'atroces souffrances parce qu'on a la futilité de mettre du rouge à lèvres, d’apaiser notre peau avec des crèmes, de se protéger des méfaits du soleil avec un SPF, et de se laver tous les jours avec du savon et du shampooing.
(b
on ok, j'exagère un peu mais ce sont eux qui ont commencé à entrer dans ce jeu-là, hein ! ;)).


J'en ai marre de ces lobbies qui font croire au Monde que la cosmétique est le Mal incarné en s'appuyant sur des études hyper controversées voire totalement démantelées par les "vrais" scientifiques. "Bouh, c'est pas bien les parabènes, attention, les sels d'aluminium c'est cancérigène !!" Alors que ces 2 ingrédients (ce n'est pas un hasard si je les ai choisis ici) sont mis hors de cause par les plus hautes autorités de santé et il a été prouvé que les études qui les ont pointés du doigt ont été mal menées (pas de témoins, etc, cf ici par ex). Il paraît même que l'équipe qui a fait la "fameuse" étude comme quoi les parabènes avaient une activité "cancérigène" aurait admis que ses conclusions n'étaient finalement pas scientifiquement recevables !!!!

Alors, je ne dis pas qu'il n'y a pas de molécules douteuses voire vraiment toxiques en cosmétique, attention (je pense notamment à certains produits de coloration capillaire, au formaldéhyde, à l'hydroquinone éclaircissante interdite en France mais pas partout dans le monde...). Ce que je dénonce, ce sont les raccourcis et la dénonciation systématique et exagérée des produits cosmétiques alors qu'il y a bien pire ailleurs.

Le législation cosmétique française (européenne) est plutôt stricte, en tous cas bien plus que la législation alimentaire par exemple - ce qui est très étonnant vu que c'est plus facile de s'intoxiquer en avalant des choses que par voie topique parce que la peau constitue une barrière naturelle entre les méchantes molécules et le "fragile" organisme. Il n'y a d'ailleurs jamais eu de scandale sanitaire lié aux cosmétiques** contrairement aux multiples histoires dans l’alimentaire de maladies graves voire mortelles (vache folle, dioxine, listeria, etc), dans le complément alimentaire (plantes toxiques, ver solitaire pour faire maigrir...), ou autres (amiante, adjuvants dans la peinture ou les meubles...), sans parler de l'industrie pharmaceutique (Mediator ou médicaments plus "sérieux") mais bon ces derniers ont de toutes façons "droit" à des effets secondaires - c'est ce qu'on appelle la balance bénéfice-risque.

Pour info, quand une molécule cosmétique est identifiée comme potentiellement dangereuse (et c'est arrivé : formol, hydroquinone...), elle est soit limitée à une très faible quantité et à des conditions d'usage très particulières, soit carrément interdite.

Et ces molécules "suspectes" pour le grand public (il a le droit de douter, on est dans un pays libre), pourquoi s'en offusque t-il quand il s'agit de cosmétiques et pas pour d'autre types de produits ?

Si je reprends l'exemple-roi des parabènes : il y en a dans les médicaments (pommades comme la Biafine, produits à ingérer comme l'Ibuprofène, Drill, Humex..., vaccins qui s'injectent directement dans le système sanguin...) et dans les aliments industriels (sous les dénomination E214 à 219 - là aussi on les avale tout crus, tiens, et personne ne dit rien). Souvenez-vous, la peau est une barrière naturelle, certes pas parfaitement hermétique, mais une barrière quand même : on ne vous injecte pas les parabènes des cosmétiques dans l'estomac ou dans les veines ! La quantité de parabènes que votre organisme reçoit via les cosmétiques est infime par rapport à celle venue des médicaments et aliments.

J'en profite pour faire une petite parenthèse parabènes - parce que avec tout ce que j'entends ou vois sur la toile, je pense que c'est bien de préciser 2-3 choses, et puis ça fait une bonne illustration de mon propos anti-confusion/raccourcis :
  • Les conservateurs sont par définition des molécules qui vont empêcher les bactéries de se développer, voire qui vont les tuer, pour protéger le produit - et notre santé par la même occasion. Ils ne peuvent donc pas être 100% inoffensifs - parabènes ou n'importe quel autre conservateur.
  • Tous les parabènes ne se valent pas : ils n'ont ni la même efficacité (des spectres d'action différents, sur différents types de microorganismes), ni la même toxicité. Il y a des doutes sur ceux à longue chaîne, même si à ma connaissance rien n'est prouvé à ce jour (et ils seront interdits si leur activité œstrogénique à long terme est avérée ou trop douteuses d'ici quelques mois). Quoiqu'il en soit, le risque zéro n'existe pas, pour les parabènes comme pour n'importe quelle molécule naturelle ou chimique, et en particulier sur les conservateurs comme vu plus haut. Les conservateurs sont cependant indispensables pour éviter toute contamination bactérienne, sauf si le produit est anhydre (ne contient pas d'eau dont les bactéries ont besoin pour survivre : cf. huiles, baumes, poudres, certains rouges à lèvres...) ou est contenu dans un pack airless conditionné en salle blanche, ce qui est extrêmement rare et pas adapté à tous les types de produits.
  • Comme je le disais plus haut, l'étude "scientifique" qui les a mis en cause n'était pas sérieuse - c'est la communauté scientifique internationale qui a démontré cela (et pas des lobbies pro-cosmétiques comme certains essayent de faire croire).
  • Les parabènes sont ultra-efficaces à faible dose, sans effet secondaire (quelques allergies, mais certains sont aussi allergiques aux fraises ou aux fruits à coque...) et on a des dizaines d'années de recul à leur sujet - y compris dans les industries pharmaceutique et alimentaire, y compris quand ils sont ingérés ou injectés.
  • Même s'il y a de très gros progrès en la matière, les alternatives aux parabènes ne sont pas toujours heureuses : moindre efficacité et formules contaminées par des bactéries (ça arrive plus souvent que l'on pense, voici ici à la fin du billet par ex), ajout d'alcool pas très bon pour la peau, diminution du pH de la formule pas très bon non plus pour la peau, utilisation d'huiles essentielles dont certaines sont potentiellement allergisantes voire pire (naturel ≠ sans danger, contrairement à ce que certains croient), manque de recul sur la toxicité à long terme de nouveaux conservateurs...
  • Les parabènes existent aussi à l’état naturel dans certains aliments (mûre, orge, fraise, cassis, vanille, carotte, vinaigre de vin, certains fromages...). On les trouve dans les produits fabriqués par les abeilles (propolis, gelée royale...) et ils sont naturellement présents dans le corps humain (j'ai lu sur Wikipedia qu'ils seraient précurseur du coenzyme Q10, la fameuse molécule miracle anti-âge !). J'ai même entendu dire, sans pouvoir vous le confirmer formellement, que les femmes enceintes en synthétiseraient pour protéger le fœtus.
  • L'effet oestrogénique (= par extension la possibilité d'accélérer l'apparition d'un cancer du sein) des parabènes est en moyenne 10 000 fois moindre que celui de la pilule contraceptive. Vous allez arrêter de prendre la pilule ?
  • Les professionnels de la beauté, ceux du secteur BIO inclus, sont à 95% pour les parabènes. Je suis bien placée pour le savoir, je les fréquente au quotidien et on parle "honnêtement" entre nous. Pourquoi beaucoup de marque enlèvent-elles les parabènes de leurs produits ? Parce que cette fameuse étude, relayée par des lobbies qu'elle arrangeaient bien pour vendre leurs produits sans parabènes, a fait tellement de désinformation que beaucoup d'entre vous êtes convaincus de la nocivité de ces substances et refusez d'acheter des cosmétiques avec parabènes. Donc les services commerciaux et marketing des marques demandent aux labos de les retirer... pour ne pas rater de ventes, pas parce qu'ils pensent qu'ils sont en train d'empoisonner leurs consommateurs.
(+ d'infos ici)

Cette parenthèse parabènes fermée, je voudrais aussi revenir sur un détail : contrairement à ce qui est dit dans l'article de DocNews, il est obligatoire au Canada comme en Europe et probablement dans la quasi totalité des pays du monde de préciser la composition des produits (liste d'ingrédients INCI ou CTFA). Avec deux limites cependant, pour préserver la propriété industrielle des formules - et c'est bien normal à mon avis : les ingrédients sont indiqués par ordre décroissant mais on ne connait pas leur % exact, et la formule du parfum n'est pas précisée (sauf substances considérées comme "allergènes").

Alors voilà. J'espère que vous comprenez mieux maintenant mon agacement face à ce genre de désinformations. Relativisons ! Franchement, vous avez bien plus de risques de mourir d'autre chose que de l'exposition aux cosmétiques. Je dis ça en toute objectivité, pas parce que je travaille dans cette industrie - vous me connaissez suffisamment aujourd'hui pour me faire confiance. Même si le risque zéro n'existe pas et que peut-être un jour, on s'apercevra qu'un ingrédient communément utilisé en cosmétique est nocif, vous êtes exposés à tellement d'autres choses beaucoup plus graves (pollution automobile, pesticides, amiante, médicaments utilisés de manière chronique, divers toxiques de l'alimentation ou des produits de maison...), arrêtez d'avoir peur des produits cosmétiques ! Et puis même du reste. On est quand même dans une société moderne où le risque est globalement beaucoup mieux maîtrisé qu'il y a 20, 50, 100 ou 300 ans.

La vie est belle, profitons-en, positivons, soyons prudents ok, mais pas paranos. Ne nous laissons pas avoir par toutes ces discours anxiogènes - surtout quand derrière, leurs auteurs ont comme par hasard quelque chose à nous vendre. Nous sommes confrontés à tellement d'angoisse et de stress au quotidien qu'il n'est pas nécessaire de se pourrir la vie encore plus avec des histoires de "cosmétiques toxiques" qui n'en valent vraiment pas la peine.


A LIRE AUSSI :
TOUT CE QUE VOUS AVEZ TOUJOURS VOULU SAVOIR SUR LA TOXICO DES COSMÉTOS
> parties 1 et 2


PS : pardon pour ce billet très spontané et un peu fouillis, mais voilà, fallait que ça sorte.

* DocNews n'y étant pour rien, je vous conseille d'ailleurs ce site très intéressant pour les marketeurs, ils ne font que reprendre un communiqué de presse de Environnemental Defence, une association canadienne hyper virulente
.


** en tous cas pas depuis la Directive Cosmétique de 1976 - on m'a dit qu'il y avait eu dans les années 70 une histoire de talc pour bébé dans lequel s'était retrouvée une substance hyper toxique parce que la cuve de fabrication avait été mal nettoyée, je ne sais pas si c'est véridique, je n'ai pas vérifié, mais cet évènement serait à l'origine de la Législation Cosmétique. En tous cas, depuis : rien de grave.
EDIT "merci aux lecteurs pour la recherche Internet" : la fameuse histoire du talc a bien existé >
http://fr.wikipedia.org/wiki/Affaire_du_talc_Morhange

EDIT 2 "encore merci aux lecteurs" :
des études toutes récentes apparemment un peu plus sérieuses que les précédentes relancent le doute sur l'implication des sels d'aluminium dans la "favorisation" du cancer du sein, sans toutefois les impliquer de manière définitive : http://www.observatoiredescosmetiques.com/actualite/actualite-cosmetiques/aluminium--cancer-du-sein-le-debat-relance-989.html 

 
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